‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 202 sur 337 · Autographe du cabinet de M. Feuillet de Coriches · texte numérisé non relu

Autographe du cabinet de M. Feuillet de Coriches

A M. DE YILLETTE (1683). 273

LETTRE CCCV

A M. DE YILLETTE, A XIORTi.

Ce jeudi matin 14 janvier 16S3.

Il n\ a ni affaire ni paresse qui puisse m'empêcher de me presser de vous dire une bonne nouvelle, et si vous voyiez ma joie, je m'assure que vous m'en sauriez bon gré. Voilà le billet de M. deSeignelay^. Croyez, mon cher cousin, que je n'aurois pas plus de plaisir d'un bien qui me seroit venu directement. Mes compliments à madame votre femme et à ce prodige dont on parle ici à tous moments : mille amitiés à madame de Lalaigne : son fils a plus olitenu que nous espérions; mais on a oublié le second, il faut prendre patience. J'attends le damas; vous savez que les meubles m'occupent bien autant qu'autre chose.

Je n'avois pas bien lu le billet de M. de Seignelay, il n'a oublié personne, et a donné sur tous les articles plus que l'on ne demandoit.

J . Autographe du cabinet de M. le duc de Noailles.

1. M. de Villetle recevait l'ordre de prendre le commandement du vaisseau r Excellent, de 60 canons, et d'aller croiser sur la côte d'Espagne à la recherche d'un vaisseau génois; il devait ensuite rejo'nd'-e la flotte de Duquesne devant Alger. Voir les Mémoires de Villetle publiés par Monmerqué.

LETTRE CCCVI

A -M. DE MLLETTE , A NIORT '.

A Versailles, ce 30 janvier 1633.

Je vous écrivis Taulre jour bien succinctement, étant pressée et ne voulant pas manquer à vous répondre sur le fils de madame de Caumont, que vous ne devez pas emmener : vous avez bon esprit et avez fort bien prévu que vous vous feriez une affaire. Tout ce que vous montrez de raisonnable dans toutes les occasions, augmente mon déplaisir de vous voir si propre à tant de choses, et d'être exclu de tout. Le bien que je fais à vos enfants ne me console point de celui que je ne vous fais pas; je travaille à les faire honnêtes gens sans espérance de jouir jamais de leur mérite, et le vôtre qui est à peu près de même date que le mien me seioit plus propre. Songez à une affaire si importante ; humiliez-vous devant Dieu et demandez-lui d'être éclairé; convertissezvous avec lui, et sur la mer où vous ne serez point soupçonné de vous être laissé persuader par complaisance; enfin convertissez-vous de quelque manière que ce soit. Je ne puis me consoler de votre état et je vois en cela que je vous aime plus que je ne le ci'oyois encore.

Adieu, mon cher cousin, j'aime toujours les eaux de senteur et je n'aime aucune bête ; voilà ce que vous avez mandé à mademoiselle de Mursay de vous

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