Manuscrits de mademoiselle d'Aumale
faire savoir. Elle est fort occupée avec ses maîtres; ce n'est pas que j'en veuille faire une virtuose ; mais c'est un temps qu'elle emploie que je ne pourrois l'avoir auprès de moi et elle apprendroit des sottises avec des femmes de chambre; les instruments lui donneront quelque goût pour la musique; la danse lui donnera de la grâce, et elle parlera mieux français d'avoir appris les règles d'une langue ^ Elle croît fort et on me la demande tous les jours en mariage 2; quand ce sera tout de bon, vous en entendrez parler. Elle dit qu'elle veut être religieuse, mais elle ne dit pas vrai. Je ne vous parle pas des garçons, je vous crois mieux instruit que moi d'eux. M. de Fourbin en est content et j'en ai très-bonne opinion.
LETTRE CCCVII
Versailles, ce 13 février 1683.
Non-seulement j'approuve le voyage de madame de Yilletle, s'il est nécessaire pour sa santé, mais je Ty exhorte, car elle trouvera plus de secours ici que dans la province. Je suis fâchée qu'elle soit obligée de loger chez des huguenots, parce que je n'oserai lui envoyer ses enfants aussi souvent, et pour aussi longtemps que je ferois ailleurs. Je crains aussi
1. La Beaumelle met : « Son maître de français lui apprendra la valeur des mots et le pourquoi des phrases. »