‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 212 sur 337 · Manuscrits de mademoiselle d'Ânmale · texte numérisé non relu

Manuscrits de mademoiselle d'Ânmale

qu'on Tassislàt, et que je la prendrai certainement si vous êtes contente d'elle. Vous avez raison de songer au feu, c'est le meilleur remède pour ce vilain mal, et l'eau tiède pour étuver leurs yeux. Je ne serois point d'avis que vous laissassiez chez vous celles de vos pensionnaires à qui le mal prendroil : il faudroit préparer, à tout hasard, une ciiambre dans la même maison, et s'assurer d'une garde, quoi qu'elle coûte; on seroit tant de gens à la payer, que chacun n'en porteroit guère. Je vous envoie deux bouteilles de vin vieux, et une de vin d'Espagne rouge; ce sont de bons cordiaux, surtout pour les paysans, qui n'y sont pas accoutumés.

^'e trouveriez-vous point à propos d'envoyer Armande chez sa mère, Bénédicte chez madame de Brunswick, Fanchon où j'ai dessein de la mettre à Pâques, la petite Saint-Hubert chez ^od père, le tout pour un mois? Je vous marque celles qui ont un asile, car vous en avez dont on ne sauroit se défaire, et dont il faut prendre le hasard. Si le mal prenoit chez vous, ce seroit toujours en avoir quatre de moins, et deux que j'ai font six, et s'il ne prend pas, elles reviendroient quand vous l'ordonneriez. Je pense à ce qui peut vous soulager, car je sens votre peine comme si j'étois à votre place.

Manette est un peu moins triste, et m'assure qu'elle se porte fort bien.

Voici la lettre de la reine de Suède, qui est merveilleuse.

Voilà quelques citrons, qui, piqués avec du clou de girofle, préservent du mauvais air. Voilà des

senteurs que l'on y croit bonnes. Frottez le nez tous les matins à nos petites pensionnaires avec de l'eau de la reine de Hongrie ; mais, ma très-chère, ne voyez point celles qui l'auront, et gardez toujours une petite communauté de saines pour travailler à la nourriture et aux remèdes des malades. Nous serons peut-être assez heureuses pour en préserver nos enfants du dedans. Je le souhaite de tout mon cœur. Adieu.

Il y a six citrons, quatre grosses oranges et une petite de Portugal.

LETTRE CCGXIII

A MADAME DE BRIXOX K

Mars 1683.

Je suis tout affligée du désordre que met la petite vérole dans une maison qui alloit à souhait depuis quelque temps; mais Munfort^ me fait grand'pitié, et l'abandon où elle est me paroit eliVoyable. Pour nos petites sœurs, elles sont toujours mieux qu'elles ne seroient à l'hôpital; faites-les travailler puisqu'elles courent les champs.

Je voudrois bien que vous eussiez un commerce avec madame Ghéron^ qui fût fait indépendamment de moi , tant pour l'argent que je voudrois

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