‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 218 sur 337 · Manuscrits de mademoiselle d'Aumale · texte numérisé non relu

Manuscrits de mademoiselle d'Aumale

sez, car tout m'est bon, pourvu que noire filage aille bien, et que vous n'ayez que les peines nécessaires.

Si Lafrance ni'obéit, il vous envoie d'étranges choses; mais tout est bon aux enfants, et je suis bien contente des distributions. Je crains toujours Téconomie de madame de Saint-Pierre et qu'elle garde tout; plus je vis, plus je me confirme dans l'opinion de ne rien amasser. J'aurai samedi vingt tirelires.

Il est vrai que je fis jeudi mes pâques après une nuit pleine de trouble et de beaucoup de larmes, mais je ne sais que trop qu'elles ne peuvent être précieuses. Je compte d'aller demain dîner avec vous, mais je n'en suis pas encore tout à fait assurée. Donnez-moi de bon potage, je porterai du rôti.

Si je vais demain à Ruelles, j'espère que je ramènerai Gabrielle et la petite Dardiville pour la faire habiller. Tout ce que vous m'avez mandé de la misère de nos petites sœurs me fâche tout à fait contre Andrée. J'ai toujours dans la tête que vous l'occupez, et si notre veuve vouloit être leur supérieure, je vous donnerois Andrée tout à fait. Ces enfants-là sont trop souvent malades pour qu'il n'y ait pas un manque de choses nécessaires.

J'espère en madame de Saint-Pierre quand la petite vérole lui permettra de les rapprocher. Je vous avoue que je me sens un grand attachement pour cette œuvre-là, et que, si nous étions aidées, nous pourrions la multiplier. Il ne faut guère plus de peine pour trente que pour vingt, si on y mettoit un bon ordre, et que quelqu'un s'en occupât uniquement. Je vous conjure de penser à leurs lits et à de

A M. d'aubigné (1683). 293

petits draps, afin qu elles soient propres et coucliées séparément. Le petit logis demeurera pour le noviciat de celles qui arriveront de Maintenon, et elles n'iront au dortoir qu'après avoir été nettoyées et reblanchies. Si Andrée n'entre dans nos vues avec piété, il est impossible qu'elle y fasse bien; car il n'est pas délicieux de passer sa vie à tuer des poux, à graisser de la gale, à faire laver les pieds, à marquer le fil de chacune, à distribuer le lin et à ne leur pas laisser un moment. Si elle passoit le jour de cette sorte, vous ne leur seriez nécessaire que pour les coups d'autorité et pour examiner leur conscience. Il me semble que je ferois fort bien ce que je désire d'Andrée. En voilà beaucoup sur ce chapitre, vous savez que c'est mon sensible.

Vous connoissez la lenteur naturelle de madame de Montchevreuil ; elle y joint une extase continuelle et peu de santé. Je crois que vous aurez bientôt sa fille. Si vous aviez un prétexte pour ne la point mettre dans la même chambre que madame Bacheville, je crois que ce seroit un bien; car c'est une fille qui l'obsède, et qui paroît étourdie.

LETTRE CCCXYII

A M. D'AUBIGNÉ, A VICHY i.

Ce 29 avril 1683.

Il est vrai qu'i^.J^ lon^mps que je ne vous ai écrit; mjiis il y a longtemps aussi que je n'ai reçu de

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