Autographe du cabinet ite M. Feuillel de CoDches
VOS nouvelles; je crois que vous savez fort bien que je vis encore, et même avec plus de santé que jamais. Je ne sais qui va à Vichy; madame de Monlespan devoit aller à Bourbon, mais son voyage est rompu.
Vous avez bon esprit pour vous conduire avec qui que ce soit : il faut écouter, ne guère parler, éviter les airs de grand seigneur, et se jeter plutôt dans l'autre extrémité. M. l'abbé d'Aubigné négocie l'affaire de Sainte-Jesme, sans que vous y paroissiez; si vous voulez acheter une terre, celle-là me paroît belle et bonne et d'un prix convenable : point de maison, qui est ce qui vous faut, une forêt, de beaux droits, et sortie de votre famille.
Notre été se passera en voyages; nous partons le 2G de mai pour aller en Bourgogne, et traverser toule l'Alsace ; nous allons à Belfort et pour la troisième fois à Strasbourg; nous serons de retour ici le 24 juillet; nous y passerons le mois d'août, et nous irons dans celui de septembre à Ghambord, en octobre à Fontainebleau et en novembre on reviendra ici pour y passer l'hiver • . Madame la Dauphine ne viont point : elle est grosse, dont tout le monde est ravi. Mademoiselle de Laval sera bientôt mariée; je ne sais encore à qui, mais le roi s'en mêle et vous savez qu'il est accoutumé à réussir^. M. du Maine est toujours fort honnête homme et sera du voyage. Madame de Montchevreuil est très-languissante et j'en suis en peine. Ma vie est fort douce et solitaire. Celte ma-
1. Tout cela s'effectua avec ponctualité, eiçcepté la fin, qui fui dérangée par la maladie de la reine.