‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 265 sur 337 · C'est cUi roi qu'elle \eut parler · texte numérisé non relu

C'est cUi roi qu'elle \eut parler

On a une idée très-austère de la dévotion quand on ne la pratique pas * ; on ne comprend point qu'il faille respirer, et qu'après avoir passé tout le jour à faire la maîtresse d'école, on soit bien aise de trouver à parler à une personne raisonnable. Outre cela il faut savoir l'histoire de madame de Bonnevaut, pourquoi elle n'est pas avec son mari, quelles sont ses connaissances, et en un mot tant de choses à essuyer que, moitié dévotion, moitié dépit, on aime mieux renoncer à tout. Mais après cela, ne croyez pas lui dire adieu pour jamais : il arrive bien des choses que nous ne pouvons prévoir, et non-seulement elles peuvent changer, mais il est presque assuré qu'elles changent.

Nous montrerons Noisy à votre chère amie, et c'est votre tendresse qui vous fait regarder un château dans le parc de Versailles comme les déserts de la Thébaïde. Venez gaiment, et comptez que vous ne perdez rien. Ne vous confondez point en regrets inutiles, et laissez-moi faire le reste. Faites-lui mille compliments et mille amitiés pour moi, et croyez que des gens plus éloignés se rencontrent. Remettonsnous à Dieu de tout, il nous conduira bien.

Je fus interrompue hier au soir par bonheur pour vous, car je vous aurois peut-être importunée par mes moralités.

J'ai parlé ce matin à M. Bontemps; il ne veut pas faire marcher ses voitures le jour de la fête^, et il me

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