LETTRE XII
NOTE PRELIMINAIRE
Voici la première lettre de madame de Maintenon où Ton trouve une allusion fort claire au mariage. Elle conseille à son frère de ne pas venir à la cour : « Il seroit bizarre, lui dit-elle, que vous fussiez à portée d'un grand commerce avec moi et que vous n'en eussiez pas. » Nous avons déjà dit que d"Aubigné était ébloui de la grandeur inespérée de sa sœur et aurait voulu en profiter. — « ]S'os états sont différents, ajoute-t-elle ; Je mien est éclatant, le vôtre tranquille... Dieu m'y a mise... il sait que je ne l'ai pas cherché; je ne m'élèverai jamais davantage, et je ne le suis que trop. » Tout cela est parfaitement clair, même les derniers mots qui expriment nettement le refus de la déclaration du mariage.
Ces phrases solennelles et si justement \raies, on les a
1. Celle phrase a été répétée par tous les historiens; elle n'a pour garant que La Beaumclle, et elle est certainement de son invention. D'ailleurs, à celte époque, cette phrase hyiiocrite n'était plus de saison : le mariage était fait.
2. 11 suit de là que Noisy n'aurait été fondé que pour l'éducation des filles de nouveaux convertis : ce qui est faux.