La Ceaumelie a, comme de coutume, transformé ce pas
A M. d'aubigné (1684). 367
pas une défense, et outre que ce n'est point à moi à vous en faire, je serois bien fâchée d'exiger de vous la moindre contrainte. Comptez là-dessus une fois pour toutes; et que je désire votre bonheur plus ardemment que le mien. Nos états sont différents; le mien est éclatant, le vôtre tranquille, et pent-étre que des gens de bon sens le trouveroient aussi bon. Dieu m'y a mise; il faut s'en tirer le mieux que je pourrai; il sait que je ne l'ai pas cherché; je ne m'élèverai jamais davantage, et je ne le suis que trop. Si ma famille en pâtit d'une façon, Dieu la bénira d'une autre, si c'est sa volonté; entin je fais ce que je crois devoir faire et mes intentions sont bonnes.
yaime déjà votre fille et j'aimerois assez ([u'elle demeurât héritière: mais puisque madame d'Aubigné a commencé à en avoir, elle n'en demeurera pas là. Je suis sensiblement touchée de madame de Richelieu'. Dieu Ta voulu, et nous la suivrons bientôt; il n'est pas permis aux chrétiens d'être fort affligés; et je ne trouve plus rien d'important que de se préparer à bien mourir.
J"'ai écrit et dit à madame de Lencosme tout ce que vous pouvez désirer sur M. Arnaud, et je lui ai déclaré que je ne voudrois pas entendre parler de lui que vous ne fussiez content.
Adieu, je vous embrasse du meilleur de mon
-Migc : « Le mien esl éclatant et agité, le vôtre obscur et
iranquille. Le sage préférera toujours votre médiocrité à mon élévation, etc.» D'ailleurs ilabrége, ou tronque, ou supprime plus de !a moitié de la lettre.