Autographe du cabinet de M. Feuillet de Conehes
2. Ces mois témoignent que dWubigné traitait sa sœur en reine.
3. D'AuLigné avait sans doute rappelé à sa sœur ce qu'elle lui
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je vous manderai encore tout ce que je vous ai dit et écrit là-dessus, et vous prendrez votre parti. Je voudrois bien vous persuader, et pour rien au monde je ne voudrois vous forcer.
Je serois bien fàcbée que vous vissiez M. Arnaud ; il seroit difficile qu'un procédé tel que le sien ne vous échauffât, et ce temps ici n'est pas propre aux violences; outre que les affaires qui roulent sur l'argent ont toujours quelque chose de sale ^ Je lai ferai parler avant de vous conseiller de vous adresser au contrôleur général ; car s'il n'entre pas dans vos intérêts, qui ne sont pas dans les formes ordinaires, votre affaire sera perdue sans ressource.
J'avois espéré qu'un enfant vous réuniroit, votre femme et vous; j'apprends avec douleur que son humeur vous choque : c'est au plus fort à supporter le plus foible; votre esprit et votre âge doivent vous rendre patient; Dieu vous l'a donnée, vivez bien avec elle; considérez sa jeunesse, donnez-lui des plaisirs honnêtes et ne la laissez pas dans la solitude où on dit qu'elle est; elle pourroit avoir toujours quelqu'une de nos parentes ou amies avec elle qui l'amuseroit; et vous devez avoir ces complaisanceslà. Les hommes, avec votre permission^ sont un peu tyranniques; ils aiment toutes sortes de libertés et n'en laissent aucune ; ils enferment pendant qu'ils courent, et croient une femme trop heureuse de les
écrivait de Fontainebleau le 7 août précédent : La raison en est si utile et si glorieuse.
1. Madame de Maintenon se montre maintenant dans son vrai caractère de désintéressement.
recevoir quand il leur plaît de revenir ^ Cela est hasardeux avec la plupart et imprudent avec toutes; vous les trouvez de très-mauvaise humeur quand elles se sont ennuyées tout le jour, et pour moi je ne songerois pas à divertir celui qui n'auroit nulle attention à mon divertissement. Votre femme est d^une vertu et d'une soumission, de l'aveu de tout le monde, qui devroit vous obliger à toutes sortes de complaisances 2. Essayez de mes conseils, mon cher frère ; comme j'ai été plus dans le monde que vous, j'ai plus d'expérience, et j'ai tant connu le fonds de plusieurs familles que je sais très-bien comment il faudroit vivre les uns avec les autres pour avoir la paix. Je vous la souhaite, parce qu'il n'y a rien de meilleur pour ce monde ici et pour l'autre.
Je me porte bien depuis que je suis à Versailles, et la sûreté où nous croyons être de la paix avec les Hollandais me donne une grande joie ^ ; celle d'Espagne finira bientôt, et on n'aura plus les inquiétudes de la guerre et de ses malheureuses suites. La cour est fort gaie et fort belle ; madame la Dauphine n'est plus enfermée; elle se donne au public autant qu'on le veut ; elle a pour le roi toutes les complai-
1. La Beaumelle ajoute : « Us exigent mille complaisances et n'en ont que pour leurs maîtresses. »
2. La Beaumelle ajoute : « Quand vous rentrez chez vous, faut-il être surplis des restes de l'ennui dont votre absence l'a accablée ? »
■i. Le 29 juin, Louis XiV signa avec les Provinces-Unies un traité par lequel il s'obligeait à cesser les hostilités dans les Pays- Bas. Le 30 août suivant fut signée avec l'Espagne et l'Empereur la trêve de Ratisbonne.
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sauces qu'elle doit; il en est conleiil et il \ a une grande union dans la famille royale.
Madame d'Arpajon* fait très-bien dans sa charge. La chambre des filles de madame la Daupliine va L'Ire complète; les étrangères auront l'avantage sur les Françaises, car la nièce de M. de Strasbourg^ que Ton vient de prendre el la nièce de la comtesse de Gramont ^ que Ton va nommer, sont plus jolies que les autres.
Mademoiselle de Mursay devient assez bien faite et dansera des mieux; ses frères sont fort honnêtes gens; mais en faisant tout ce que je fais pour eux, je sens qu'une petite fille de deux mois me touche de plus près et que je pense très-souvent au plaisir que j'aurai de la marier, si ma vie et ma faveur durent encore douze ans. Xe pouvant lui rendre d'autres services, j'ai fait remercier M. de Lagny de ce c{u'il a fait pour le mari de la nourrice, et vous pouvez l'assurer que je la regarde comme nourrissant ma fille; qu'elle se réjouisse bien pour que son lait soit bon. Adieu, je vous embrasse de tout mon cœur et je vous aime plus tendrement que vous ne le pouvez croire.
1. HenrieUe d'Harcoiirt, sœur du marquis de Bcuvron, mariée au duc d'Arpajon en 1G59. Madame de Maintenon l'a\ailfait nommer dame d'iionneur de la Daupliine.
2. Mademoiselle de Levœslein, qui devint madame de Dangeau. Madame de Caylus dit que sa beauté, sa taille de nymphe, sa saaesse et sa vertu causèrent à la cour une juste admiration. Elle devint l'une des principales amies de madame de Maintenon.