‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 290 sur 337 · LETTRE XIX · texte numérisé non relu

LETTRE XIX

A M. DAUBIGNÉ, A GOIGNAG K

A Versailles, ce 18 août loSi.

Un capucin m'a écrit en faveur d'une demoiselle convertie, qui auroit envie d'être religieuse. J'ai brûlé sa lettre, ne croyant pas pouvoir rien faire sur ce qu'il me demandoit. Cependant j'ai pensé depuis que si c'est une fille de mérite, et qu'elle voulût être à Noisy, nous pourrions l'y mettre. Il est assez bizarre, sans vous en dire davantage, de vous prier de me faire trouver ce capucin ou de lui dire ma réponse, mais peut-être le connoîtrez-vous par le com-

1. Tout cela est emprunté aux milliers d'éloges adressés à Louis XIV sur la destruction de l'hérésie. (Voir Cossuet, Oraison funèbre de Le Tellier , les lettres de madame de Sévigné et de Bussy-Piâbutin, etc., etc.)

2. Il ne peut Cire question que du duc de la Pioehcfoucauld ; or celui-ci était mort en 1G80! D'ailleurs il n'y a trace nulle part de cette rupture, qui parait inventée pour donner de la vraisemblance à la lettre.

■ 3. Aulogrophr ap[:artenant à M. Feuillet de Conches.

A M. d'aubigné (168i;. -^H.'i

meice quii a avec moi; il me sembie que c"csl le iiiOmequima adiessc les MeliodolsS qui, sans reproche, sont de mauvais sujets.

Je vous dis en confidence que je prends des demoiselles à ^'oisy dont le roi paye les pensions ; je ne veux pas le dire plus hautement, parce que nous en serions accablés'-. Je voudrois bien pourtant que mon pavs eût part à ce bienfait; et ainsi si naturellement onvousparloit de quelque misérable créatare, convertie ou^non, mandez-le-moi en m'inslruisant de son nom, de sa race, de son âge et de l'état de sa famille.

je viens d'envoyer M. Chandeliier à Noisy voir si madame de Brinon voudroit le prendre ; on n'en veut point et je vous le renvoie. Il est incompatible d'être curé et aumônier; mais en vérité voire revenu est assez gros pour en nourrir un et lui donner deux cents francs de gages, si vous en avez besoin.

1 . Probabiemenl les Mériodeau. (Voir la FamiUc d'Aulùgné et l'enfance de madame de Maintenon, p. 31.)

2 L'établissement de Noisy avait pris de l'extension, et le roi m avant entendu faire l'éloge par les dames de la cour, il voulut le vJir par lui-même et vint un jour presque seul et sans qu'on l'attendît. Il le visita et fut si content de ce quil vif, qu'il se sentit pressé de faire quelque chose de plus grand et de plus solide. Il en parla à madame de Maintcnon, qui lui représenîa le pitoyable état de sa noblesse, « que ce seroit une œuvre digne de sa piete et de sa grandeur de faire un établissement qui fut l'asile des pauvres demoiselles de son royaume. » Le roi lut touché de ces rai-^ons et le jour de r Assomption 1G8411 d'cida que la fondation serait faite, et qu'en attendant on élèverait à Ncisy cent demoiselles dont il payerait les pensions. (Voir Madame de Mamienon et la Maison royale de Saint-Cyr. p. 50. )'

384 CORRESPO^'DANCE GÉNÉRALE.

Adieu, je ne puis vous en dire davantage à celle heure.

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