LETTRE XXVII
A Chambord, ce 8 octobre 16S4.
Je suis ravie que vous soyez content de mes établissements: la manufacture "^ et Xoisy sont les endroits favoris, et vous ne pouvez mieux faire votre cour qu'en louant bien l'un et l'autre. Quant à
1. La Beaumelle ti-aniforme tout cela et ajoule : a Met Ire des bourgeoises où le roi ce veut que des demoiselles, c'est tromper les intenUons du roi. »
2. On lit dans la Gazette du 3 décembre 1C84 : « Le roi a donné au marquis de Mursay une des deux cornettes que S. M. a créées depuis quelque temps dans la compagnie des chevau-légers de sa garde. »
3. Aiitofjraphe du cabinet de M. Fcuiliet de Conclies. i. De Maintenon.
3yi CORRESPO>'DANCE GÉNÉRALE.
Maintenon \ il est un peu abandonné, et il est difficile de s'occuper avec plaisir d'une maison où l'on ne va jamais. Elle ne sera point mauvaise pour votre héritière, et si, en effet, madame d'Aubigné en demeure là, ce ne sera pas un mauvais parti.
11 en arrivera ce qu'il plaira à Dieu.
Combien serez-vous à Paris? mandez-moi de vos nouvelles et tous vos projets, ^'ous serons ici jusqu'au
12 de ce mois et à Fontainebleau jusqu'au 15 de l'autre. On se divertit fort bien à Chambord. Le temps est très-beauet la cour fort gaie. Le roi est à la chasse tous les jours, et le soir on a d'autres plaisirs; madame la Dauphine fait meiTeille, et tout le monde est content. On mange toujours avec le roi, et cela fait une familiarité très-agréable. Il y a un jour bal, et un autre comédie. Tout cela ne me console point d'èlre loin de >'oisy, car c'est le lieu de délice pour moi, et il le deviendra bien encore plus par le gouvernement des cent demoiselles qui y seront bientôt. Je vous avois écrit pour que vous fissiez ce plaisir-là à quelques-unes, et vous ne m'avez fait aucune réponse; les places sont remplies présentement.
Adieu, mon cher frère, je serai ravie devons voir et de vous embrasser. Soyez vêtu modestement et de bon air, quand on vous verra; car je crains pour vous le trop grand ajustement. Aboyez comment sont les autres et n'en croyez ni les tailleurs ni les marchands. Adieu.
] . C'est-ù-dire, quant au château.
A M. d'aliugnk ;i68i;. ri'KJ
LETTRE XXVni
A M. D'AUBiGNÉ, A CuIGXAC».
r.e dimanche, novembre lOSl.
Je ne puis avoir une plus grande joie que de savoir que vous en ayez et que vous rendez justice à mon amitié: elle a toujours été égale pour vous, et je ferai toute ma vie ce qui me sera possible pour rendre la vôtre heureuse. Xe pensez qu'à votre salut et à vous divertir; soyez bon mari, bon père et bon gouverneur, comme vous le dites, car c'est là le portrait d'un honnête homme; soyez avant tout bon chrétien, et vous serez tout le reste, par conséquent. Je vous promets de vous écrire tous les niuis. Ne vous mettez point en peine sur Maintenon, le dédommagement passera le dommage, et royalement '-.
Faites mille amitiés à madame d'Aubigné, je vous prie, et assurez mademoiselle de mes très-humbles services; mandez-moi bien de ses nouvelles : je ne puis en trop savoir, et je sens déjà une grande tendresse pour elle. Vous aurez votre ordonnance et de l'argent. Je vuus embrasse du meilleur de mon cœur. mon très-cher frère, en vous remerciant de ne m"avoir point dit adieu ^