‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 320 sur 337 · Voir sur ce personnage Saint-Simon, t. II. p · texte numérisé non relu

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410 CORREHPOKDA^'CE GÉNÉKALli.

que petite iiîgralitude pour lui el beaucoup de crainte de moi; cela ne m'empêchera pas d'aller toujours mon train ordinaire ^

1. Les Mémoires du temps sont pleins de détails sur celte aventure. Voici d'abord ce que racontent les Dames de Saint-Cyr :

« Après que le roi eut quitté madame de Montespan, madame de Maintenon fit ce qu'elle put pour que le roi trouvât du plaisir dans sa famille et pour qu'il fût amusé innocemment; pour cela, dès qu'il y avoit quelque promenade à faire, quelque jeu ou quelque autre amusement, elle disoit au roi : « Envoyons cher- « cher la princesse de Conti. » Et l'on vit dans ce temps-là même des lettres de cette princesse qui furent interceptées avec beaucoup d'autres, où elle mandoit : « Le roi se promène souvent, et je me trouve entre madame de Maintenon et madame la princesse d'Harcourt ; jugez combien je me divertis. » Cette jeune princesse fut extrêmement honteuse et affligée de cette découverte, et en fit ses excuses à niadauie de Maintenon en pleurant beaucoup, sur quoi madame de Maintenon lui dit : « Pleurez, madame; madame, pleu- « rez ; car il n'y a pas de plus grand malheur que de n'avoir pas « un bon cœur. ■

Maintenant voici le récit de madame de Caylus :

c( Madame la princesse de Conti en fut quitte pour la peur et la honte de paroîlre tous les jours devant son père et son roi justement irrité, et d'avoir recours à une femme qu'elle avoit outragée pour obtenir son pardon. Madame de Maintenon lui parla avec beaucoup de farce, non pas sur ce qui la regardoit, car elle ne croyoit pas, avec raison^ que ce fût à elle à qui l'on eût manqué; mais en disant des vérités dures à madame la princesse de Conti, elle n'oublioit rien pour adoucir le roi, et comme il étoit naturellement bon et qu'il aimoit tendrement sa fille, il lui pardonna. » (Édit. de 1806, p. 219.)

Le marquis de Sourches entre dans plus de détails. Il dit qu'on avait trouvé dans les lettres que la princesse écrivait à son mari u qu'elle avoit pris une nouvelle fille d'honneur sans consulter le roi , parce qu'elle appréhendoit qu'on ne lui en donnait une d'entre les filles de Koisy, qui étoient les cent démo'selles que le roi faisoit élever à ses dépens, et dont madame de Maintenon prenoit le soin. Ce discours avoit déplu au roi, qui ne

A M. d'aldignl: (1685). '*11

.Madiimo do Miossens m'écrit des merveilles de votre lîlle; je meurs d'impatience de la voir. J'ai mis à Xoisy les deux vilaines parentes que vous m'avez envoyées, surtout... seroit-il possible ciue vous l'eussiez U-ouvée jolie? Cela me fait trembler pomma nièce; je ne me soucie pas qu elle soit fort belle, mais j'avoue que je voudrois qu elle ne fût pas

laide.

Il faudroit faire toutes sortes d'eiïorts pour convertir madame de Miossens' ; il nie semble que ce seroit une femme propre à réussir ici.

LETTRE XXXYI

A M. D'AUBIGNÉ, A COIGXAG '-.

A Versailles, ce 17 août 16So.

Je crois que vous prenez le parti le plus sûr en ne faisant venir la petite qu'au printemps et après avoir été sevrée ; recommandez-la à quelque femme plus habile que madame d'Aubigné tant pour la sevrer que pour ce ciui peut lui arriver en six mois ciue vous serez sans lavoir. Je suis assurée que ma-

vouloit pas qu'on mît madame de Maintenon en jeu en quelque occasion que ce put être. »

Voir aussi le Journal de Dangeau, t. 1, p. 203.

t. On lit dans le Journal de Dangeau, le 30 janvier 1G8G : « Madame la comtesse de Miossens, sœur aînée de madame d'Heudicourl, fit sou abjuration dans la chapelle de Versailles, entre les mains de M. de Meaux. »

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