Aulographe appartenant à M. Feuillet de Couches
A M. ii'ArBiGNt: (IG80). /rll
îiiien; je m'y porte à merveille et je me trouve toiijoiu's mal à Fontainebleau. J'ai été bien aise de voir la lettre de madame d'Aubigné; elle marque une grande union entre vous. Madame de Miossens m'a mandé des merveilles de votre fille; je la prendrai quand elle sera sevrée, quand vous voudrez; vous en êtes le maître comme de tout ce qui est en mon pouvoir, cor je vous assure, avec vérité, que je vous aime tendrement et peut-être n'en êles-vous pas plus beureux ^ ; je m'expliquerai plus clairement quand nous serons ensemble. Cependant, mon trèscber frère, comptez que la Providence, qui règle jusqu'aux moindres de nos actions, ne vous a point amené àParis pour voir l'opéra : cherchez-y quelque homme de bien qui vous conduise cà Dieu; voyez M. l'abbé Gobelin : s'il vous plaît, demeurez-en là ; sinon, voyez le père Bourdaloue; nous avons tous besoin de secours; il y a peu de gens éclairés dans les provinces; vous voilà à la source, profitez-en, et vous trouverez le bonheur de cette vie ici et de l'autre.
Adieu; écrivez-moi le plus souvent que vous pourrez.
1. Cela est vrai, parce que d'Aubigné aurait voulu proliter de la grandeur de sa sœur, et celle-ci était sagement résolue à ne rien faire pour cet homme désordonné.
422 coîiIlESPO^'DA^'CE générale.