LETTRE XLII
A M. L'ABBÉ GOBELIN
Chambord, ce 10 octobre 168 5.
Je suis bien aise que vous soyez content de ce que vous avez vu à Noisy, et vous me ferez très-grand plaisir d'y retourner avant que le froid vienne, mais je voudrois que vous confessassiez, ou du moins que vous entretinssiez en particulier toutes celles qui veulent entrer dans notre communauté. J'ai mandé à madame de Brinon de les examiner toutes, et de ne rien commencer pour le noviciat qu'à mon retour; j'ai plusieurs raisons pour cela : elle ne leur donne pas assez de liberté pour la conscience, et la crainte bien fondée qu elle a de l'abus des confesseurs fait qu'elle les réduit à un seul cordelier qui ne leur dit jamais un mot. Elle croit que les filles n'en souffrent pas parce qu'elles n'osent s'en plaindre ; mais, comme elles sont fort libres avec moi, elles me montrent leurs peines.
Je compte bien à l'avenir de ne recevoir c|U6' des filles élevées à ^'oisy; mais il faut quelques autres présentement : toutes celles que nous avons sont des enfants qui de longtemps ne pourront gouverner. Il est grand dommage que la cbanoinesse ^ n'ait pas de vocation, car ce seroit un excellent sujet. ]S'ous