Minislre de Charenlon, qui disputa contre Bossuet
3. Aniofjraphe du cabinet de M Feuillet de Conches. Cille lettre est relative à une des incartades les plus étranges de dWubigné: étant venu à Fontainebleau pour voir sa sœur et faire sa cour au roi, il en était reparti une heure après, en lui écrivant une lettre.
A M. I.\UBIGNÉ (1685). 4f>9
pays it'i pour que vous eussiez pu concerter avec niui quand vous en auriez voulu parlir; ce sont ces disparales-là qui ine font vous craindre; et, en vérité, vous n'êtes pas excusable, ayant autant d'estime que vous en montrez pour moi, de ne vous pas conduire par mes conseils dans un lieu que je parois connoître mieu>. que vous. Cependant c'est une chose faite; et il ne faut songer qu'à la réparer. Je dirai que vous vous êtes trouvé mal cette nuit, et que n'étant pas logé commodément, vous avez voulu regagner Paris; il faut que vous reveniez dans cinq ou six jours, que vous en soyez autant ici à faire votre cour et à me voir ; qu'ensuite vous retourniez nous attendre, et que vous veniez encore faire un voyage à Versailles; vous verrez la cour et ses appartements dont on parle tant. Cette conduite paroitra naturelle, au lieu que celle que vous projetez paroît chagrine ou folle; car, qui peut s'imaginer que, m'aimant, ayant été cinq ans sans me voir, vous veniez m'envisagerun quart d'heure, et puis, sans en avertir, vous enfuir, ne m'ayant pas seulement parlé ? Conduisez-vous donc à ma fantaisie durant ce peu de temps ; je vous le demande au nom de votre amitié. Soyez sur vos garde::, à Paris comme à la cour, ne voyez guère M. deMontespan, ni M. de Lauzun; on dira que vous cherchez les mécontents. Allez à l'opéra, allez voir Saint- Basile, voyez M. de Lusignan, divertissez-vous; ne jouez guère; voyez le père Bourdaloue et M. Gobelin, confessez-vous et venez passer la Toussaint ici, vous entendrez le père Bourdaloue, vous verrez le
roi faire ses dévotions, ce qui en donne * aux plus libertins.
Adieu, je me faisois un plaisir de vous faire voir aujourd'hui une cavalcade de toutes les dames aprèsdîner et le bal ce soir; si vous vouliez me croire, votre vie seroit assez agréable et j'ose vous dire encore que vous n'avez pas assez de confiance en moi.
Voyez M. de Yillette, je vous prie, et dites-lui de venir ici. J'ai plus de temps pour l'entretenir que je n'en aurai à Versailles et il est bon que je lui parle promptement.