ilatiuscrils de mademoiselle d'Anmale
2. Guilleragues venait d'êire nommé ambassadeur à Constantinople.
VOUS MM. (le Siiiiite-Herminc; que je n'osois lui rompre la tête de toutes vos différentes vues; que je me fiois à la parole qu'il m'a donnée de me dire lui-même ce que je puis prétendre et demander pour vous ; mais que, désirant sur toutes choses d'être employé, vous croyez ne pouvoir mieux faire dans un temps de paix que de mener M. de Guilleragues à Constantinople ; que je le priois de me dire s'il étoit possible que vous eussiez cet emploi et si je n'avois rien à faire là-dessus. M. de Seignelay, après des compliments inutiles à redire, me dit qu'il ne comprenoit pas ce que vous pouviez vouloir présentement, que Ton ne feroit point d'officiers généraux cette année, et que quand on en feroit il y en avoit quantité de plus anciens que vous ; qu'à l'égard du voyage de Constantinople, vous aviez voulu être du (je ne me souviens plus si c'est département, ou autre mot ^; mais enfin du côté de Rochefort, et que ce seront les vaisseaux de Toulon qui mèneront Guilleragues; que Duquesne s'en alloitenmer avec six vaisseaux, mais aussi de Toulon, que l'on n'en armeroit que trois du côté de Rochefort, et qu'il feruit son possible pour que vous en eussiez un ; qu'il ne falloit pas que ma protection ce sont ses termes) vous rendît injuste : que vous êijs traité à merveille ; que vous avez eu un vaisseau avant vos anciens ; que vous l'avez eu plus grand que les autres; que vous avez eu une pension beaucoup plus tôt que vous ne deviez, et en un mot je trouvai un homme qui croyuit que vous deviez
1. Département est le mot. Les cotes de France étaient alors partagées en trois départements : Brest, Uochefort et Toulon.
être content. Je lui parlai de mes neveux* de Sainte- Hermine; il me dit que ma considération l'avoit empêché de dire au roi que Faîne ne fait rien qui vaille ; je voulus le faire souvenir des bons témoignages que l'on en avoit rendus; mais il me répondit qu'il étoit paresseux, inhabile et inappliqué, et que les officiers généraux sous lesquels il a servi en sont très-mal satisfaits; tout cela Unit donc par me trouver trop heureuse qu'il ne fît pas pendre votre neveu, par lui promettre de le bien quereller et par lui demander que le quatrième fût officier, et par le supplier que vous eussiez un des trois vaisseaux. C'est peu pour vous, mais nous ne sommes pas les plus forts. Vous avez une trop grande idée de la faveur en général et de la mienne en particulier. Vous savez pourtant qu'il n'y a pas de ma faute, et que je vous dis souvent le peu que je puis; tout mon crédit et toute mon application ont fait mon frère bourgeois de Paris, mais il est si philosophe qu'il n'y a pas moyen d'y avoir regret; je voudrois que vous pussiez voir les cheses d'un peu plus près.
LETTRE CXGIV
A MADAME DE SGUDÉRYs.
A Saint-Germain, ce dernier jour de Tannée 1679.
Il est vrai, madame, que j'ai reçu beaucoup de
1. Ils étaient ses neveux comme madame de Caylus était sa nièce, neveux à la mode de Bretagne, fds de sa cousine-germaine.