‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 82 sur 337 · Autofjraplie du cabinet de M. Feuillet de Conclics · texte numérisé non relu

Autofjraplie du cabinet de M. Feuillet de Conclics

sance que vous avez de me donner vos laquais, quand ils sont en état de vous servir, ayant la peine de les faire; je ne sais comment faire pour son habit^ désirant qu'il ne soit habillé de neuf qu'en même temps que les autres. Faites comme pour vous.

Il faut donner la lettre de mademoiselle Martel à Beuvron ou l'envoyer à Vibrais; je suis si paresseuse que je serois fâchée qu'elle fut perdue après avoir eu la peine de l'écrire.

Ne parlez de ma faveur ni en bien ni en mal, et du reste^ ne vous fâchez point ; on est enragé contre moi, et comme vous dites, on se prend à tout pour me nuire; si on n'y réussit pas, nous nous en moquerons, et si on y parvient, nous le souffrirons avec courage.

Je serai bien aise de voir madame d'Aubigné pour une nuit ou deu\^; il faudroit qu'elle pût s'accommoder du lit de mademoiselle de la Harteloire, que l'on feroit le plus propre que l'on pourroit. Il faut qu'elle vienne mercredi au soir ou jeudi; car dans les premiers jours, je ne pourrai quitter madame la Dauphine, parce-que je serai seule ^; les autres dames vont à Paris.

1. A Versailles; où elle se disposait à revenir avant de suivre le roi dans son voyage.

2. Madame de Maintenon aurait dû ajouter : pour la peigner. Elle racontait aux demoiselles de Saint-Cyr que le petit talent qu'elle avait pour peigner lui avait donné la faveur de la Dauphine, et que ce petit talent, elle le tenait de sa mère. « On fut tout étonné de me voir manier le peigne. Je commençois par démêler le bout des cheveux et j'allois toujours en avançant. Elle disoit n'être jamais mieux peignée que quand elle l'étoil par moi. Je le faisois fort sou-

A M. d'aubigné (1680). 115

Adieu, mon cher frère, songeons à l'état où nous étions pour nous trouver heureux de celui où nous sommes.

Ce n'est que vendredi prochain que je vous demande un laquais ; je vous remercie de tous vos soins. Je pars demain ; faites dire à la marquise de se trouver à trois heures après-midi à Versailles. J'ai mis votre ordonnance entre les mains de M. Yiette. Adieu, si vous me venez voir, j'en serai fort aise; madame de Coulanges y viendra dans quinze jours. Adieu, je suis pressée pour la noce du vieux Lutin ^

LETTRE CGXII

NOTE PRÉLIMINAIRE

Pendant que tout le monde croyait Louis XIV occupé de ses amours avec mademoiselle de Fontanges , il continuait avec la plus vive sollicitude l'œuvre la plus remarquable de son règne, la fortification des frontières de la France (Voir sur ce sujet mon ouvrage : L^s frontières de îa France, chap. Y). Voulant tout voir par lui-même, il avait résolu de visiter chaque année une partie de ces frontières, et il commença, cette année, par celle de Flandre. Il partit le 13 juillet et était de retour à Versailles le 30 août. Il emmena la reine, la Daupliine et une partie de sa cour : c'était dans les habitudes du temps; d'ailleurs cet appareil et cette pompe cachaient mieux ses desseins. Madame de Maintenon

vent, parce que les femmes de chambre ne le faisoient jamais si Lien. On auroit été fâché de ne m'avoir pas tous les matins au moins pour cela, n {lettres et entretiens sur l'éducation, t. I, p. 392.)

1. Domestique de madame de Montespan. La fin de cette lettre forme une feuille à part dans la lettre autoprraplie, et il se pourrait qu'elle ne fût pas à sa place.

était du voyage, et elle écrivit plusieurs lettres à son frère; mais ces lettres renferment peu de détails sur les événements du temps.

A M. DAUBIGXÉ, A PARIS i.

A Calais, ce 22 juillet 1680 2,

Je ne sais pourquoi j'ai tant attendu à vous écrire, car il y a bien longtemps que j'en ai envie, et j'ai beaucoup plus de loisir dans le voyage que je n'en ai quand nous sommes établis. Je me porte à merveille et si cela continue, je m'en retournerai aussi grasse que j'étois au retour de Scheleslat. Mon équipage va fort bien, les chevaux neufs sont en meilleur état qu'ils n'étoient en partant, et les mulets que Ton m'a achetés sont admirables. Je ne me lève point matin pour détendre mon lit, et je le trouve toujours arrivé avant moi. Je crois que voilà tout ce qu'on peut exiger de mieux. Je fais bonne chère et je suis gaillarde, mais assez mal vêtue ^ car il est arrivé de grands accidents au manteau feuille morte. J'avois dessein d'en demander un autre à Nanon, mais je crains ses reproches sur la dépense. Contentez-vous donc de lui faire des amitiés de ma part; et mandez-moi de vos nouvelles. Que je sache aussi si M. Colbert vous a payé, et s'il me reste quelque chose

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