‹ Correspondance générale de madame de MaintenonChapitre 95 sur 337 · Quelque chose, sans doute · texte numérisé non relu

Quelque chose, sans doute

A M. d'aubigné (1680). 139

bigné. Je ne puis vous écrire séparément ; la première de mes lettres s'adressera à elle. Faites mes compliments à madame de Miossens '; et demandez-lui si je lui ferois plaisir de lui donner un portrait à mettre au bras du maréchal d'Albret. Adieu.

LETTRE GGXXIX

A M. D'AUBIGNÉ, A COIGNAG ^

A Saint-Germain, ce 19 décembre 1680.

Je me joindrai à M. de Louvois pour l'affaire de Saint-Lazare, je ne sais si vous aurez encore quelque exclusion pour ce bienfait-là.

Vous vous passeriez bien de donner le fait aux dévoles en faisant le portrait de madame d'Aubigné. On ne peut avoir trop de soin de soi, quand d'ailleurs on fait son devoir.

Ne soyez jamais en peine de ma santé, quoi que vous entendiez dire ; si j'étois malade un peu considérablement, vous le saurez par moi ou de ma part.

Il y a longtemps que le petit de Mursay est catholique; M. de Sainte-Hermine est arrivé aujourd'hui, qui, je crois, me donnera plus de peine ; j'aurai dans peu de jours mesdemoiselles de Sainte-Hermine, de Gaumont et de Mursay, j'espère que je n'en manque-

1. Nous avons dt'jà dit que madame de Miossens était mademoiselle de Martel, sœur de madame d'Heudicourt, et qui avait épousé le frère du maréchal d'Albret.

2, Autographe du cabinet de M. Feuillet de Conches.

rai pas une. Mais j'aime MineLte^ que j'ai vue à Goignac et si vous pouviez me l'envoyer, vous me feriez un extrême plaisir; il n'y a plus d'autre moyen que la violence^, car on sera bien affligé dans la famille de la conversion de Mursay. Il faudroit donc que vous obtinssiez d'elle de m'écrire qu'elle veut être catholique. Vous m'enverriez cette lettre-là; je vous enverrois une lettre de cachet avec laquelle vous prendriez Minette chez vous, jusqu'à ce que vous trouvassiez une occasion de la faire partir; ce qui se trouve assez aisément, outre que vous, M. de Xaintes, M. deMarillac, M. de Tours, et enfin je trouverois des amis sur toute la route ^, et si on me l'envoyait à Piichelieu, je ne serois pas en peine du reste. Travaillez à celte affaire, j'ai inclination pour cette petite fille, et vous m'obligerez en faisant une bonne œuvre. Quant aux autres conversions, vous n'en pouvez trop faire, mais ne corrompez pas les mœurs en préchant la doctrine.

Adieu, mon cher frère ; mille amitiés à cette pauvre dévote; je suis fâchée de la continuation de ses

1. Minelle était Tune des demoiselles Sainte-Hermine ; elle devint la comtesse de Mailly et Tune des favorites de madame de Maintenon.

2. Ce mot a été amèrement reproché à madame de Maintenon : on l'a dénaturé de son sens et de sa place et on l'a appliqué à la révocation de l'Édil de Nantes. On voit qu'il s'agit d'un fait isolé, antérieur de cinq ans à la persécution des protestants, applicable seulement à l'enlèvement d'un enfant à qui l'on demande même un c('nsentemenl.

3. Cette plirase est restée incorrecte, parce qu'on avait d'abord mis et on a rayé : «... M. de Tours et antres personnes de nos amis se trouvent sur la route... »

A MADAME DE MLLETTK ,1680'. lU

maux. Vous no me dites rien de madame de Mios-

sens.

LETTRE CCXXX

Saint -Germain. C3 2o décembre ['•>■'.

Quoique je sois bien persuadée, madame, que vous me donnez voire fille de bon cœur et que vous avez une grande joie de la conversion de mon neveu, je ne laisse pas de croire que vous avez besoin de consolation et c'est pour y contribaur que je vous écris.

M. de Mursay lit bier ses dévotions, et le curé de Versailles qui Ta instruit et confessé en est fort content. Voilà le plus essentiel: du reste, je ne vois rien que de bon en lui et je ne lui ai encore découvert aucun défaut que de parler un peu trop. Je ne suis pas bien résolue encore sur ce que je ferai de lui ; il me paroît qu'il a envie de quitter la marine, et bien des gens me leconseillenl; quoi qu'il eu soit, ne vous mettez pas en peine, j"en aurai les mêmes soins que s'il étoit mon tils. Je lui fais apprendre à danser et il faudra le faire monter à cbeval, si nous le mettons sur terre. Le roi a mille bontés pour lui et j'espère qu'il lui donnera une pension. J'ai parlé puur faire messieurs de la Itocbe-Allart - enseignes ; puisque les buguenotsne peuvent rien espérer, il faut demander

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