Manuscrite des Demies de Sainl-Cyr
2. La mère de MM. de la Rochc-Allail t'Iait la sm m- de uiadame de Villelte.
pour les catholiques. M. de Sainte-Hermine écoute et répond fort honnêtement à tout ce que je lui dis sur la religion, mais jusqu'à cette heure, il ne me donne nulle espérance. Je le menai samedi avec moi à Paris où j'allois voir madame de Fontmort et mes nièces^; je les trouvai toutes enlaidies, dont je fus bien fâchée, mais je ne reconnus en façon du monde mademoiselle de Sainte -Hermine; mademoiselle de Gaumont est très-maigrie et votre fille jaune comme de la cire. Je l'emmenai avec moi ; elle pleura un moment, quand elle se vit seule dans mon carrosse;, ensuite elle fut quelque temps sans rien dire, et après cela, elle se mit à chanter. Elle a dit à son frère qu'elle avait pleuré, en songeant que son père lui dit en partant que si elle changeoit de religion et venoit à la cour sans lui, il ne la verroit jamais'^. Elle s'attendrit dès que l'on vous nomme; du reste,, elle est accoutumée à moi, et quand je l'assure qu'elle m'aimera, elle répond qu'elle m'aime déjà. J'ai passé le jour aujourd'hui à la faire lire et à lui apprendre à travailler en tapisserie; elle a un maître à danser qui me répond qu'elle dansera fort bien ; elle trouve ma table meilleure que celle de madame de Fontmort, et en a conté des vilenies qui m'ont fort divertie et qui ne m'ont pas surprise. J'ai mandé à mes nièces de venir ici le plus tôt qu'elles pourront, et que leur visage ne reviendra pas tant qu'elles mour-
1. Elles venaient d'arriver, comme nous l'avons dit plus haut. Madame de Maintenon appelle ses nièces les filles de ses cousinsgermains.