Autographe de la BibUothèque impériale
A M. L'ARCnEVÉQUE DE PARIS (4696). 113
affaires. Je vons conjure sealement, monsieur, de faire pour elles bien mieux que vous ne feriez pour moi; car c'esl sans exagération que j*y suis plus sensible, et que je vous assure qu'on ne peut être avec plus de reconnoissance que je le suis, mon* sieur, votre, etc.
LETTRE CDXXIX
A 31. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS»
7 septembre 1696.
Je ne sais, monseigneur, si vous savez ce que c'est qu'un cordelier qu'on a fait curé de la Trinité de Monlfort. Cet homme est lié avec madame de Nogaret qui est fort zélée contre le quiétisme et qui a beaucoup contribué aux découvertes qui sont faites. Il a plusieurs papiers qu'il veut me remettre entre les mains et me dire tout ce qu'il sait du sieur Datant. Il croit que les livres qu'on a pris chez lui ne devroient pas être confiés à d'autres qu'à vous, et qu'ils seront très-scandaleux dans les mains des juges séculiers. Mais pour en revenir à moi, monseigneur, je n'ai point cru devoir ni entrer en connaissance avec ce curé ni même le voir, et je lui ai seulement feit demander s'il voudroit vous aller trouver, et vous confier tout ce qu'il fait et tout ce qu'il a. Il y est tout disposé et dit que madame de Nogaret vous a parlé de lui, mais qu'étant allé chez vous, son vi-
t* Autographe du cabinet de M. de Cambacérës.
sage ne vous a pas été connu. Youlez-vous qu'il se présente à vous avec une lettre de moi ?
Racine est charmé de votre ordonnance, monsieur, et Ta dit au roi, qui ne Ta pas encore vue. Pour moi, je la trouve admirable ; mais mon avis est peu de chose surtout en telle matière. M. le curé m'avoit dit que vous aviez tout à fait marqué les jésuites, en disant que des personnes d'autorité accusoient de jansénisme fort gratuitement. Vous dites tout le contraire, car il y a « des personnes sans autorité. »
A dix heures du soir.
Je ne puis continuer ma lettre. On parle d'ouvrir le mal du roi en quatre *; je ne sais plus où nous en sommes. Je crains tout. Ne viendrez-vous pas vous mettre à portée d'en savoir des nouvelles?
LETTRE CDXXX
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS*
Ce 8 septembre 1696.
C'est pour obéir à M. l'évêque de Chartres, monseigneur, que je vous envoie ce que vous trouverez dans ce paquet qui, ce me semble, ne vous apprendra rien de nouveau. Vous êtes assez instruit de la doctrine de madame Guyon pour la condamner hau-
1. On lit dans le Journal deDangeau, 8 septembre : « On a fait ce matin une assez grande incision au roi, et les chirurgiens sont très-contents de l'élat où ils ont trouvé la plaie, etc. »