IV
i34 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.
Royale que cet enfant est un prodige, et que, selon toutes les apparences, elle sera la gloire de son temps. Vos Altesses Royales me font trop d'honneur d'approuver que j'y donne mes soins; je crois qu'il les faut borner à empêcher qu'on ne la gâte, et à prier Dieu de bénir cet aimable mariage. Monsieur et Madame instruiront Votre Altesse Royale de tout le détail, et il ne me reste plus qu'à l'assurer de mon profond respecta
LETTRE CDXLI
6 novembre 1696.
Voici une lettre qui ne convient guère au respect que je dois à Votre Altesse Royale, mais je croisqu'elle pardonnera tout au transport de joie où nous sommes du trésor que nous recevons; car madame la duchesse du Lude, qui n'en parle plus que les larmes aux yeux, dit que l'humeur est aussi accomplie que ce que nous voyons; pour l'esprit, elle n'a que faire
1. Cette lettre est presque méconnaissable dans La Beau melle : il ajoute, il retranche, il change à son gré. Voici comment il transforme la fin : « Vous me faites trop d'honneur, Madame, d'approuver que je lui donne mes soins : Votre Altesse Royale m'a laissé si peu de chose à faire ! Je les bornerai à empêcher que les autres ne la gâtent ; mais peut-être commencerai-je par la gâter mot« même. C'est un fort aimable mariage. Nous faisons mille yœux pour qu'il dure longtemps; car, à l'air des deux époux, on ne peut douter qu'il ne soit heureux. » — La BeaumeUe oublie ici que les deux époux avaient treiie et enie ans, et qu'ils ne s'étaient pas encore vus.