Mémoires de mademoiselle d
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de parler ponr le montrer, et sa nmnière d'écoater, et tons les monTements de son visage font assez Toir que rien ne lai échappe. Votre Altesse Royale, quoi qu'on paisse loi mander, ne croira point josqn*où va la satisfaction da roi ; il me faisoit Thonnenr hier de me dire qn'il falloit qu^il fût en garde contre lai parce qu'on la trouveroit excessire. Elle a trouvé 'je dis la princesse, car je ne puis finir d*en parler , elle a trouvé Monsieur un peu gros, mais pour Monseigneur, elle le trouve menu, et le roi de la plus belle taille du monde. Elle a une politesse qui ne lui permet pas de rien dire de [désagréable ; je voulus hier m*opposer aux caresses qu'elle me faisoit, parce que j'étois trop vieille; elle me répondit : Ah! point si vieille. Elle m'aborda quand le roi fut sorti de sa chambre en me faisant l'honneur de m'embrasser ; ensuite elle me fit asseoir, ayant remarqué bien vite que je ne puis me tenir debout; et se mettant d'un air flatteur presque sur mes genoux, elle me dit : « Maman m'a chargée de vous faire mille amitiés de sa part, et de vous demander la vôtre pour moi; apprenez-moi bien, je vous prie, tout ce qu'il faut faire pour plaire au roi. » Ce sont ses paroles, madame, mais l'air de gaieté, de douceur, et de grâce dont elles sont accompagnées ne se peut mettre dans une lettre. Quelque longue que soit celle-ci, je suis persuadée qu'elle n'ennuiera pas Votre Altesse Royale. J'aurai Thonneur de lui en écrire quand je connoitrai encore mieux l'aimable princesse que je m'en vais voir*.
1 . « Le roi €t madttne d« Malnteneii tirent lemr poupée de la princesse, dent Fesprit fiftlteur, insinuant, attMitif leur plut infini*
LETTRE CDXLII
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS»
7 novembre 1696.
Les restitutions^ ne se font pas aisément; il faudra plus d'une conversation avec vous pour m'y résoudre. Quand vous m'aurez déterminée, il faudra persuader M. l'évoque de Chartres; ainsi, je ne prévois pas que cette affaire soit bientôt consommée.
Nous avons envoyé madame la duchesse de Noailles à Paris, et même à Versailles par le conseil de madame deMontchevreuîl, à qui j^ai écrit une lettre pour être montrée à la dame que je verrai peut-être demain en arrivant. Mais, monseigneur, je suis bien fâchée que vous veniez vendredi à Versailles, quoique vous ayez raison, parce que je n'y serai pas, et qu'il faut bien aller à Saint-Cyr.
ment et qui peu à peu usurpa avec eux une liberté que n'avoit jamais osé tenter pas un des enfants du roi et qui les charma. Rien n'est pareil aux cajoleries dont elle sut bientôt ensorceler madame de Maintenon, qu'elle n'appela jamais que ma tante et avec qui elle en usa avec plus de dépendance et de respect qu'eUe n'eût pu faire pour une mère et pour une reine, et avec cela une familiarité et une liberté apparentes qui la ravissoient et le roi avec elle. » (Saint-Simon, 1. 1, p. 235.)