Voir Saint-Simon, t. lU, p. 7 à
A M. l'archevêque DE PARIS (1697). 147
LETTRE CDLI
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS *
Saint-Cyr, ce 26 féTrier 169 7,
Je suis bien fâchée d'être si longtemps sans avoir l'honneur de vous voir, mais vous ne l'auriez pu sans venir à Trianon, et il ne faut pas paroître dans le lieu où nous ferons tous nos désordres^. Je ne suis point en scrupule du plaisir que j'y aurai; mais je vous assure, monseigneur, que les autres n'y en trouveront guère davantage. Ces divertissements me paroissent plus mauvais par l'exemple qu'ils donnent à ceux qui les poussent plus loin, qu'ils ne le sont dans eux-mêmes, car on n'y sent guère que de la tristesse, de la fatigue et de l'ennui, et le plaisir fuit à proportion qu'on le cherche. Nos princes n'ont plus rien de nouveau à voir, parce qu'ils voient tout dès leur enfance; ainsi, ils ne peuvent plus se divertir. Dieu sait parfaitement les punir de cette envie continuelle d'avoir de la joie, et je vous assure, monseigneur, qu'on en a moins avec eux que l'on n'en trouve avec celui que vous dites n'être pas un visage de carnaval.
J'ai fait lire votre ordonnance au réfectoire; elle renversa plusieurs de nos filles à une seconde consultation à M. Dodart^. J'en ai mis une pour notre sainte reine, à qui j'écrivois quand j'ai reçu votre