Manmcrits des Dames de Saint -Cyr
LETTRE CDLXI (La B.)
NOTE PRÉLIMINAIRB
Cette lettre est tirée de la collection de La Beaumelle (édit. de Nancy, t. II, p. 70; édit. d'Amsterdam, t. II, p. 147). Louis Racine l'annote : m'est inconnue. Elle est inventée. Un seul mot le démontre. Elle est datée du 25 mai, et parle de la prise de Barcelone, d'Àth et de Garthagène; or Barcelone ne fut prise que le 10 août, Ath le 6 juin, Garthagène fut prise, il est vrai^ le 15 avril; mais la nouvelle n'en arriva que le 10 août. De plus nous savons que, depuis le mois d'octobre précédent, madame de Saint -Géran était en pleine disgrâce, et exilée dans une abbaye^e Normandie.
YersaiUes, 25 mai 1697.
La prise de Barcelone, d^Ath, de Garthagène permet au roi de convaincre les alliés de son amour pour la paix. Il pourra la faciliter, eu se relâchant des conditions que ses victoires et ses conquêtes semblent autoriser, sans déroger à sa gloire. 11 pourra même étendre le terme quMl leur a fixé pour les accepter. ïoules les restitutions que le roi offre ont causé ici de grands débats; on est las de la guerre; et Ton trouve une espèce de honte à restituer ce qui a coûté tant d'efforts et de sang; pour moi il me semble qu'il y a de la gloire à restituer ce qu'on a pris, pourvu qu'on n'y soit pas contraint par une puissance supérieure ; cette démarche ne peut qu'être attribuée à la générosité du roi. Je vous aime plus que je ne vous le dis, ma chère comtesse.
A M. L'aUCUBVÊQUE DE PARIS (1697). • 161
LETTRE CDLXII
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS
Mai, jeudi au soir, 1697.
Quoi(^ue j'aie la tête en mauvais état aujourd'hui, je ne puis m'empécher, monseigneur, de me soulager avec vous sur tout ce que le bon père a fait auprès du roi. Il a excilé une affaire très -désagréable à M. de la Trappe et dont vous n'enlendrez que trop parler. Il a rendu compte d'une conversation qu'il a eue avec le père Le Valois, auquel il prétend avoir chanté pouille sur ce qu'il soutient le livre de M. de Cambrai. Le bon père a loué ce qu'on vient de faire dans la maison du duc de Bourgogne. Il a donné sur madame Guyon. Enfin il a parlé en courtisan ^, sauf à soutenir le livre en question à Rome. Mais ce que je vois de plus important en tout ceci , c'est de se tenir sur ses gardes par rapport au jansénisme, car vous allez être examiné et épié là-dessus avec bien plus de soin que nous ne veillons sur le quiélisme. J'ai tant de raisons et d'inclinations à m'intéresser en vous que je ne puis ne pas vous donner cet avis. L'affaire de la Trappe est pour cette abbaye de M. de Québec, où l'on a envoyé des religieux que l'on en va faire sortir. Le temps n'est pas propre pour la réforme , il faut se contenter d'une vertu commune, et nous serions