A MADAME DE GLAPION, DAME DE SAINT-GYR
A Fontainebleaa, ce 18 septembre 1697.
Ce sera à vous à dire de mes nouvelles à la récréation. Je compte les jours de notre séparation ; en voilà dix de passés, mais il en reste davantage.
Le roi fit partir hier sept courriers pour porter à toutes ses armées un ordre pour ne plus faire aucun acte d'hostilité. On entend parler d'affaires présentement avec une extrême joie, voyant cesser les maux infinis de la guerre. Ma sœur de Yeilhant n'aura de
1. Manuscrite des Dames de Saint-Cyr» — Voir sur madame de Glapion le chap. xiv de la Maison royale de Saint-Cyr,
consolation qu'en Pologne et en Hongrie; les Tares Y ont perdu une bataille où dix mille hommes sont demeurés sur la place ^ Nous eûmes hier la nouvelle que le prince de Conti^ a passé le Danemark sans qu'on lui ait fait de difficulté; il est en bonne santé, et devoît être à Dantzick le 19 ou le 20 de ce mois. Il se mettra à la tête de son parti pour disputer la couronne au duc de Saxe. Il faut prier pour notre prince du sang, car il est de l'intérêt de la religion et de l'État qu'il règne préférablement à l'autre.
Il y a encore une affaire secrète qui me regarde en particulier^, que je recommande à vos prières, et à celles de toute la communauté. J'espère que tous les chefs d'ordre, comme notre mère, ma sœur Marie Constance, ma sœur de Berval, ma sœur de Radouai, voudront bien Tannoncer au troupeau qui leur est commis. Adieu.
LETTRE CDLXXX (Là B.)
A VADAIK DE SAINT-GÉRANT
Madame est fort contente; le roi lui a promis d'obliger l'électeur palatin à lui donner tous les ans trois