‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 159 sur 418 · Autographe des archives du château de Mouchy · texte numérisé non relu

Autographe des archives du château de Mouchy

i90 GOBRESPONDANGB GÉNÉRALE.

LETTRE CDtXXXV '

LA DUCPESSE DE LORRAINE A MADAME DE MAINTENON»

Novembre 1697.

Madame, je ne puis faire passer à Paris le comte de Couvonges, grand chambellan de mon fils, sans le charger de vous assurer de l'estime toute particulière que je fais de votre mérite, et sans vous demander en même temps votre amitié pour ce jeune prince. J'espère de votre honnêteté que vous voudrez bien la lui accorder, et l'appuyer dans tous les cas qui s'en présenteront, vous assurant que j'en aurai toute la reconnaissance que vous devez attendre d'une princesse qui vous estime infiniment, madame. Votre affectionnée, etc.

ÉLÉOIHORE, REIME DUCHESSE.

LETTRE CDLXXXVI (La B.)

A Versailles, iO décembre 1607.

On se trompe; et vous pouvez le dire hardiment; le goût des plaisirs est éteint dans le cœur du roi ; Tâge

1 • Autographe des archives du château de Mouchy.

2. Cette duchesse de Lorraine, veuve de Charles IV, était la mère du duc Léopold. Elle était de la maison d'Autriche. Elle prenait le titre de reine duchesse, parce qu'elle avait épousé en premières noces Michel Wienowski, roi de Pologne.

3. Collection delà Beaumelle; édition de Nancy, 1. 11, p. 73; édit. d'Amsterdam, 1. 11, p.l49.~L. Racine Tannote : me parait inventée par Vidiieur, Le ton seul de la lettre le prouve. Elle est

A MADAME DE MAINTBNON (1697). 491

et la dévotion lui ont fttlt faire des réflexions sérieuses sur la vanité et le néant de tout ce qu^il aimoit autrefois ; et il avance tous les jours dans les voies de Dieu ; il n'assiste aux spectacles et aux fêtes qu'avec répugnance ; il se plaint avec moi de la contrainte que lui impose son rang de prendre part à des plaisirs qui n'en sont plus pour lui. La princesse est tous les jours plus charmante; le duc de Bourgogne en est très-épris; il a été réglé qu'il ne la verroit que sur le pied de maîtresse; elle en a pleuré, et a dit : Ehl ne suis-je pas sa femme? ensuite elle en a ri, et m'a promis de lui être toujours cruelle, jusqu'à ce que le roi lui ordonnât de ne l'être plus. Cette enfant nous amuse beaucoup; madame de Savoie l'a bien instruite; le roi n'a pas la force de lui rien refuser; ses dames sont accablées de présents. Tout est ici dans la joie; dès que les fêtes seront finies, nous serons plus tranquilles et ne serons pas moins gais; mes lettres seront aussi plus longues; mais mon affection pour vous n'augmentera point.

LETTRE CDLXXXVII

LE DUC DE BOURGOGNE A MADAME DE MAINTENONS

t8 décembre 1697.

M. de Beauvilliers, madame, vient de me dire la bonté qu'a le roi de m'augmenter mes menus plai-

datée du 10 décembre, c'est-à-dire de trois jours après le mariage de la duchesse de Bourgogne. On peut affirmer que les lettres que madame de Maintenon a pu écrire ce jour-là n'étaient pas sur ce ton, qui semble emprunté aaxplus mauvais romans. Je renvoie au Journal de Dangeau pour le détail des fêles de ce mariage.

1. Autographe de la bibliothèque da Louvre, publié par la Société deft Bibliophiles, 1822.

i92 CORRESPONDANCE GÉNÉRALE.

sirs jasqa*à trois mille livres par mois'. Je vous prie de vouloir lui en marc(uer ma reconnoissance et d'être persuadée que je suis très-sensible à l'amitié que vous me faites parottre dans toutes les occasions. Je vous assure, madame, que j'y répondrai comme je dois.

LETTRE CDLXXXVIII

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