‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 158 sur 418 · Autographe da ctbinet de M. de Gambacérès · texte numérisé non relu

Autographe da ctbinet de M. de Gambacérès

A M. L'ARGHBVÏQUE DE PARIS (4697). 187

en ont donné de Thorreur. Vous n'en parlez pas moins fortement, monseigneur, mais vous ajoutez une peinture de la véritable perfection qui sera, s'il plaît à Dieu, le fruit que vous en espérez. Je n'ai ja-^ n}ais rien lu de plus Tort, déplus pieux, de plus clair et, ce me semble, de plus utile.

Ou ne pourra plus dire que vous ménagiez le quiétisme par rapport à ceux qui ont paru Iç protéger. Vous l'attaquez sans mesure, et je croirois,. monseigneur, qu'il n'y auroit plus rien à écrire sur cette matière. Je n'en voulois point parler et je me suis laissé emporter à la joie que me donne votre ouvrage par rapport au bien général et au vôtre particulier. Je vous le renvoie parce que vous me l'avez ordonné. J'espère que vous m'en enverrez plusieurs exemplaires quand il sera public.

M. de Meaux m'en a fait l'éloge. Il est ravi de le voir achevé. Le peu de personnes qui l'ont vu en sont bien contents. J'espère que Dieu vous en ré* compensera abondamment et que Notre-Seigneur Jésus-Christ comblera de grâces et de secours celui qui prêche son règne avec tant de zèle. Les endroits où vous parlez de lui m'ont enlevée; ils rendent le quiétisme odieux. Jedevroisme taire, monseigneur, et garder le silence des filles de Sainte-Agathe.

La lettre dont je vous ai parlé est demeurée à Saint-Cyr; vous l'aurez au premier jour. Je la fais copier, car l'écriture ne me paroit pas contrefaite.

2 décembre 4697.

Le roi augmentera la pension de M. le comte di'Ës^

trées de six mille francs'; vous savez, monseignear, comment nous aurons les six autres. Ainsi vous n*avez qu'à conclure ce mariage, qui aura sans doute votre bénédiction. Je n*ai encore vu personne qui ne soit charmé de votre instruction, et j'en ai ouï parler à bien des gens.

Je suis très-contente, monseigneur, de votre refus ; et je vous supplie de le publier comme je le ferai de mon côté.

LETTRE CDLXXXIV

NOTE PRÉLIMINAIRE

La Lorraine avait été conquise sous Louis XIII, et pen< dant près de soixante-dix ans elle n'avait presque pas cesse d'être occupée par les troupes françaises. Les ducs de Lorraine avaient refusé tout accommodement à ce sujet dans le traité des Pyrénées, et ils s'étaient réfugiés en Allemagne depuis plus de trente ans. Dans le traité de Ryswick, Louis XIV se décida à restituer la Lorraine à ses anciens possesseurs. Le duc de Lorraine était alors Léopold i*', qui avait succédé, en 1690, à son père Charles IV. Il paraissait disposé à rechercher les bonnes grâces de Louis XIV, et le comte de Gouvonges, qu'il envoyait en France, avait mission de demander la main d'une fille de Monsieur. En effet, on lit dans le Jouimal de Dangeau^ à la date du 31 décembre :

« M. de Gouvonges eut une audience secrète du roi, dans laquelle il demanda en mariage Mademoiselle pour le duc son maître. Ensuite M. de Gouvonges alla à Paris en faire

1 . « M. le comte d^Estrëes doit épouser au premier jour mademoiselle de Noailles, fille du maréchal de Noailles; le roi, en faveur de ce mariage , augmente de 2,000 écus par an ce qu'il donne au comte d'Estrées, vice-amiral. » (Dangeau, t. VI, p.2&S.)

A MADAME DE MAINTENON (1697). i89

la demande à Monsieur, q\^ aussi bien que le roi, lui fit la réponse qu'il souhailoît, et la lui accorda; ainsi la chose est présentement publique. »

Le duc de Lorraine écrivit à madame de Maintenon pour lui recommander ses intérêts.

LE DUC DE LORRAINE A MADAME DE MAINTENON*

Ce 2t novembre 1697.

Madame,

En envoyant complimenter le roi sur la conclusion de la paix, j'ai cru que vous trouveriez bon que je FOUS assurasse de mes respects très- humbles, et que je VOUS demandasse Thonneur de vos bonnes grâces, puisque personne ne peut les estimer plus que je fais, ainsi que le comte de Gouvonges, mon grand chambellan, vous le témoignera. J'ai même pris la liberté de le charger de vous recommander mes intérêts avec une confiance entière en votre bonté. Tespëre, madame, que, comme il n'y a point deprince qui vous honore comme moi, vous ne me refuserez pas cette faveur, ni celle d'être persuadée que je ne souhaite rien tant que démériter la qualité, madame, de votre, etc.

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