Pour le sacre du nouvel archevêque
2. M. de Clermont-Tonnerre (Voir le portrait qu'en fait Sdint- Simon, t. I^p. 153). L'abbé de Tonnerre était son neveu, et son frère était évèque de Laon. Noyon, Laon et Châlons étaient des comtés- pairies ecclésiastiques. On verra que M. de Clermont-Tonnerre n'eut pas Châlons pour son neveu, mais qu'il réussit pourtant plus tard à avoir (rois pairs ecclésiastiques du même nom.
18 CORftfeSPdNDANCE GÉltÊRitE.
Namur kvec 70,000 Hommes; le pririfce de Vaudètoont, avec 30,000 autres, couvrait le siège; Boiifflers, avec 15,000 hommes, défendait la place; Villeroy, avec 80,000, avait l'ordre de la délivrer. Celui-ci, qui aurait pu écraser Vaudemont, le 14 juillet, en manqua l'occasion et le laissa échapper. Saint-Simon prétend que ce fut par la fslute du duc du Maine , qui commandait l'aile gauche et qui reçut vainement par cinq od sit fois l'ordre d'attaqUef. « M. du Maine, dit-il, voulut d'abord reconnaître, puis se confesser, après mçttre son aile en ordre, qui y était depuis longtemps... Montrevel, lieutenant général le plus ancien, pressa M. du Sfâinë, lui inontt-iâ rinstancè des ôrdreë réitérée qu'il recevait... il se jeta à ses ttiëins; il ne put retenir ses larmes... tout fut inutile... Ce récit a été répété par tous les historiens, et le pauvre gambillard, dont nous avons vu la brillante conduite à Fleurus (voir tom. III, p. 134), est allé à la postérité avec la plus complète renommée de lâcheté. » C'est une calomnie. Les autres mémoires du temps, principalement ceux de Sairit-Hilaire, iémoiti bculaire et parfaitement informé, témoignent que ce fut au contraire le duc du Maine qui avertit le maréchal de Villeroy de la position aventurée de l'ennemi et qui le pressa d'attaquer, que celui-ci refusa obstinément d'en donner l'ordre : a Son incrédulité nous fait manquer un beau coup, » dit le duc du Maine. (Voir l'ouvrage : Saint-Simon cohsid&i'é comme historien de Louis XIV, par M. Chéruel, p. 623.) Par suite de cette grosse faute, la ville de Namur capitula lé 4 août. Mais le château tenait encore, et le roi ordonna à Villbroy d'être moins circonspect et de livrer bataille pour lé délivrer. Tout le destin de la guerre en dépendait. Villeroy trouva l'ennemi dans une position si formidable qu'il n'osa l'attaquer; mais le roi et la cour s'attendaient à « une grande action, » comme le dit madame de Maintenon, et ils furent dans l'anxiété pendant plusieurs jours. Dangeau dit, à la date du samedi 27 : « On compte ici que l'action se passera lundi ou mardi, et on attend la nouvelle avec l'impatience que mérite le plus grand événement du monde; ce-
A M. l'archevêque DE PARIS (4695). 1§
pendant le roi est dàtis une tranquillité parfaite, et tl lië lui paroit [ias la môiiidrb àgitatibn. » Le chdteau de Nattiut* capitula le i septembre.
LETTRE CCCLVII
A M. L'ARCHEVÊQUE DE PARIS*
Ce 9 8et)(embré 1695.
. Le roi ne m'a pas encore nommé l'abbé de Gharost. Il seroit bon de s'informer à fond s'il est dans cette malheureuse doctrine; car il faut savoir à quoi s'en tenir soit pour l'occasion présente, soit pour les autres ^.
Rien n'est égal au bon père ^, mais, monsieur, Dieu instruit le roi malgré lui ; et je vis hier des dispositions qui vous raviroienl, si je pouvois vous les confier dans Une lettre. Redoublez vos prières, monsieur; faites-en faire par vos bonnes âmes de Châions; je n'eus jamais de si grandes espérances qiie celles que j'ai depuis hier; et je n'ai pu vous les taire.
(5;** est bien content de voire dernière conversation ; et on ne veut plus se mêler des affaires ecclésiastiques que pour vous aider à soutenir le bien.