Autographe du cabinet de M. le duc de Cambaeérès
2. On lit dans le Journal de Dangeau : « On a fait brûler ce» [Jours ici, à Paris, par la main du bourreau, un livre qui étoit fort
A M. l'archevêque DE PARIS (1699). 275
sur ses bons amis. Il a été charmé de l'éloquence de M. d'Aguesseau.
Nous avons vu des réponses de Rome, qui sont fort vagues. Je ne devrois pas parler sur cette affaire, mais je ne puis m'empêcher de vous dire que je crains qu'on n'en demande trop, qu'à force d'attaquer le pur amour, de vouloir trop de qualifications, on ne perde une censure qui auroit été meilleure, quelque générale qu'elle eût pu être, que de n'en avoir point du tout.
injurieux à M. l'archevêque de Paris, et M. le premier président n'a pas voulu que cela se fît seulement par la police ; il a fait donner là-dessus un arrêt du parlement afin de rendre la condamnation plus authentique. » (T. VII, p. 10). Ce livre avait pour titre : Problème ecclésiastique proposé à M, Vabbé Boileau^ de Varchevêché . A qui Von doit croire de messire Louis-Antoine de Noailles, évêque de Chàlons en 1695, ou de messire Louis^Àntoine de Noailles, archevêque de Paris? Voici ce que contenait ce livre attribué au jésuite Doucin, suivant les uns, au bénédictin don Thierry, suivant les autres :
M. de Noailles se voyant soupçonné de jansénisme (Voir la note préliminaire de la lettre xxxvii) à cause de son mandement sur les Réflexions morales du père Quesnel, voulut se laver de cette accusation : il publia un mandement sur un autre livre où les erreurs du jansénisme sont développées : c'est le Traité de la grâce et de la prédestination y attribué au père Quesnel. Sur cela, l'auteur du Problème disait : Gomment , étant si semblables que l'un ne peut être m censuré ni approuvé que l'approbation ou la censure ne retombe sur l'autre, l'un a pu être approuvé et l'autre condamné par le même juge? Ce Problème tendait manifestement à faire passer M. de Noailles ou pour un chef du jansénisme, ou pour un homme d'une doctrine chancelante.
Le prélat en fut très-irrité : il l'attribua aux jésuites, en rendit plainte en justice comme d*un libelle diffamatoire et le ût condamner. Nous reviendrons sur cette affaire qui eut plus tard de* graves conséquences.