‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 295 sur 418 · LETTRE LXXXI · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXI

18 mars 1700.

Comptez , ma chère duchesse , qu'il n'y aura jamais de paix pour ceux qui résistent à Dieu. S'il y a quelque joie au monde, elle est réservée à la conscience pure : la mauvaise conscience trouve un enfer dans le lieu des plaisirs. Que la paix qui vient de Dieu est différente des fausses joies du siècle ! elle calme les passions; elle nourrit la pureté des mœurs; elle est inséparable de la justice; elle unit au plus grand et au plus aimable des êtres ; elle fortifie contre les tentations.

Mais comment acçuérir celte paix? par une bonne confession générale, suivie de l'usage fréquent des sacrements et d'une véritable aversion pour le mal. Dans cet état de piété, on a souvent des troubles; mais Dieu ne nous fait sentir notre ioiblesse que pour nous redonner de nouvelles forces, que nous tirons de la connaissance de cette foiblesse même. L'essentiel est de ne jamais agir contre la lumière

1. La Beaumelle ajoute : « Rendez à la cour ses plaiiUrs, el V.0U8 en serez adoré ; mais apparemmenX tous vous suffisez. »

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