‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 296 sur 418 · fannscrits des Dames de Saitit-Cyr · texte numérisé non relu

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intérieure et de suivre Dieu partout où il veut nous conduire.

Ce qui vous rebute, ma chère duchesse, c'est que vous ne voyez que ce que la religion vous demande, sans voir ce qu'elle vous donne. Vous frémissez en considérant ce qu'elle fait faire : que vous seriez ravie si vous saviez ce qu'elle fait aimer! N'attachez point les yeux sur les croix qu'elle vous présente : vous ignorez encore combien elle les rend légères. Point de joug plus doux que celui du Seigneur : ceux qui sont à lui sont toujours contents; et s'il est pour eux quelques moments d'inquiétude ou d'ennui, c'est dans les instants où ils n*en sont pas occupés.

Laissez faire Dieu en vous; livrez-vous à la grâce, mais sans mesure et sans condition. Malheur à ces âmes lâches et timides qui osent composer avec Dieu, et qui se partagent entre le monde et lui ! Pourquoi la piété vous efFrayeroit-elle? la religion n'a rien de dur : elle ne vous demande rien sans vous donner en même temps la force pour l'exécuter.

Il n'est point nécessaire de quitter le monde, mais il faut que le cœur y renonce. Paroles amères, si vous ne vous rappeliez le vœu de votre baptême : vous n'êtes chrétienne qu'à ces conditions, et l'on ne fait que vous ramener à votre premier engagement.

Voilà, madame, ces conseils que vous trouvez si bons : recevez-les comme une preuve bieu sûre de rintérêt que je prends à vous ; et pour m'en récompenser, gardez-m'en le secset et brûlez ma lettre.

324 CORRESPONDANCK GÉNÉRALE.

Je connois le ridicule qu'on y irouveroit ; mais je vous assure que je hasarderois pour vous quelque chose de plus que la raillerie du public.

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