‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 313 sur 418 · L'assemblée du clergé · texte numérisé non relu

L'assemblée du clergé

Z. Autographe du cabinet de M. de Cambacérès.

i. Le cardinal de Noailles était parti pour Rome le 1 4 octobre.

A M. LE CARDINAL DE MOAILLES (4700). 337

OÙ j'avois le plaisir de vous entendre et de tous ouvrir mon cœar sur toutes sortes de sujets. Je ne mettrai personne en Totre place et j*attendrai yotre retour sans me donner une consolation que je ne pourrai aussi bien trouver ailleurs.

On vous enverra la condamnation, ou, pour mieux dire, la censure de la Sorbonne, sur les propositions du pèreLecomte^ On a dit au roi que tous les docteurs les plus graves n'en étoient pas, et que c'étoit seulement la jeunesse, dont le nombre a emporté. Il est inutile de répondre à ces choses-là : je prie seulement qu'on ne dise ni ne fasse rien en votre absence dont on voudroit profiter. Oui, monseigneur, je prie Dieu, tout indigne que j'en suis, de nous donner un saint pape, et je ne puis m'empécher de mêler dans ce grand intérêt celui de votre retour. Vous savez que j'en ai toujours voulu à cette calotte qui vous fait tant courir; et que je ne l'ai pu désirer, dès qu'on m'annonça qu'il vous en coûteroit, et à nous aussi, une absence peut-être de six mois. C'est bien du temps sur celui qui m'en reste, et je trouve fort triste de vivre et de mourir sans son archevêque en qui on a toute sorte de confiance. J'aime mieux cette dignité que le cardinalat, qui ne

1. « La Sorbonne a condamné plusieurs choses que le père Lecomte aToU avancées dans son livre sur l'état présent de la Chine, et les a quaUflées fausses, téméraires, scandaleuses, erronées, et même quelquefois hérétiques. » (Dangeau, t. VII, p, 299.) Les choses condamnées élaient relatives aux cérémonies chinoises. Le père Lecomte était confesseur de la duchesse de Bourgogne. Quelques jours après, il Hit disgracié et s'en alla à Rome.

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