‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 314 sur 418 · IV · texte numérisé non relu

IV

me paroît bon qu'à aller à Rome et à faire souvent de mauvais choix.

Je n'entamerai pas de vous donner des nouvelles ; la famille .en est mieux instruite que moi. J'ai eu une conversation avec le comte d*Ayen, qui sera de quelque utilité pour l'empêcher d'être blessé de ce que fait madame la duchesse de Noailles à l'égard de sa femme, et je regarderois comme un nouveau malheur que j'eusse contribué à désunir une maison si paisible. J'espère plus en vos prières, monseigneur, que dans tous nos soins. Il me semble qu'en tout on avance plus par cette voie-là.

Vous serez incommodé du parti que vous avez pris d'aller avant vos gens : vous ne vous comptez pas assez, monseigneur.

Je serai ravie de recevoir de vos lettres le plus souvent que vous le pourrez, mais je n'en tirerai pas le plaisir que j'en pourrai tirer, ayant à y mêler beaucoup de contrainte. Traitez -moi là-dessus comme vous traiteriez le comte d'Ayen, et ne m'écrivez que lorsque vous ne serez pas accablé, d'ailleurs, par la multitude de lettres que vous aurez à faire. Vous allez être dans cet état-là par la mort de mademoiselle de Condé S qui cause une aussi grande affliction, que si on n'avoit pas dû s'y préparer depuis six mois. Madame la Princesse, surtout, est dans une douleur extrême. On dit qu'elle vouloit en passer les premiers mouvements à Maubuisson, mais que l'extrémité où est madame de Brinon l'en empêche.

1. Anne- Marie-Victoire de Bourbon, née le 11 août 1675» morte à Paris le 13 octobre 1 700,

A M. LE CARDINAL DE NOAILLES (1700). 339

J'ai signé le contrat du prince d'IsenghienS je ne mérite guère de pareils honneurs; la maréchale d'Humières a toujours eu de la bonté pour moi .

Je ferai toujours tout ce qui me sera possible pour la tribu^. Le patriarche m*a fort priée d'empêcher qu'il ne soit regardé conune un invalide. J'ai bien des raisons, monseigneur, pour bien vivre avec eux, mais ce qu'ils vous font en seroit une suflBsante pour moi.

Vous savez, monseigneur, ce que je pense pour M. le cardinal d'Estrées, et je m'assure que vous le lui aurez déjà dit. Il a plus de part que personne au regret que j'ai quelquefois de n'élre plus dans le commerce.

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