‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 331 sur 418 · IV · texte numérisé non relu

IV

qui s'assemble les soirs dans mon cabinet autour de la jeune princesse qui croit en taille à vue d'œil et un peu plus imperceptiblement en mérite.

N'est-il pas temps de vous remercier d'un nombre innombrable de boîtes de cotignac qu'on m'a données de votre part? Elles auroient figuré aux noces de mademoiselle de NormanvilleS si je n'avois le bon sens de faire faire le festin chez M. de Gbamillart. Vous perdez là une belle occasion de boire, manger et rire. Mes compliments à M. le maréchal. Il aura une lettre à son tour, mais je crois que le vôtre n'étoit pas venu et que ma tendresse m'a trompée.

APPENDICE A l'année 1700.

La Beaumelle ajoute à cette année deux lettres prétendues écrites à madame de Saint-Géran. Ce que madame de Maintenon dit de cette dame dans ses lettres aurait dû le corriger de sa longue supercherie, au moins pour cette année; mais il n'a pas résisté à l'envie de faire parler madame de Maintenon sur la succession d'Espagne, et il a fabriqué les deux lettres suivantes qui sont également fausses et se contredisent. Notons que cette dame semble écrire à côté de la salle du conseil, inquiète de ce qui va s'y discuter et s'y décolombe, tantôt une bacchante. Que vous dirai-Je de la grossesse de madame do Chàtelet, de la maigreur de l'indolente Lévy, du teint incarnat de madame de Montgon, des rires éclatants de la comtesse d'Estrées, et du fausset de madame d'Ayen, de la goutte de la dame d'Iionneor, et de l'adresse de la dame d'atours h tourner le fuseau? n

i . Demoiselle de Saiut-Cyr qui lui avait servi de secrétaire et qu'elle flt épouser au président de Chailly. La noce eat en effet lieu ehez M. de Ghamillart.

cid6r. Or nous savons que le conseil où fut résolue Tacceptation du testament de Charles II se tint dans* sa chambre, et qu'elle y était présente. . , -

LETTRE CVI (La B.)

A l'heure qu'il est, ou délibère sur le sort de la Franco, de l'Espagne, sur le sort de toute l'Europe. La guerre est inévitable, à moins qu'on ne prenne un parti honteux ; et c'est ce que je ne crains pas d'un conseil où Je roi préside. Les sentiments sont fort partagés ; je suis sûre que dans ce moment on conteste avec beaucoup de vivacité. Le duc de Bourgogne ne sera peut-être pas de l'avis de Monseigneur ; on dit que la raison est pour M. le duc de Bourgogne, et que la gloire est pour son père. Le duc de Beauvilliers donnera sa voix au traité de partage, et le chancelier à l'acceptation pure et simple de cette belle succession. M. le Dauphin prendra un milieu entre ces deux avis; il voudra qu'on renonce au testament et au traité ; on dit que c'est le seul moyen d'éluder la guerre; il est bien conseillé. M. le duc d'Anjou est assez bon pour être roi, mais pas d'an âge à avoir une volonté.

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