Autographe du cabinet de H. le duc de Cambacérèd
A M. l'aechevéque de pabis (1695). :|5
doit vous fin parler et vous lui feriez un extrême plaisir, monseigneur, si vqus pouviez le plaper. Elle croit lui être obligée et ne peut le récompenser : jugez, de ce que son cœur doit souffrir. On m'a encore priée de vous recommander M. Varet, vicaire de Saint- Eustache; depuis longtemps il a ^ervi plusieurs de mes proches dans leur conversion. Ce sont eu:^ qui me pressent de lui rendre de bons offices auprès de yous.
Vqus n*en êtes pas encore quitte, monseigneur, par on veut croire que j'ai du crédit à Tarchevêché* Jja comtesse de Mailly veut que je vous présente le sj^pr Lallemant, receveur général de la g^qéra]it,é de Soisson§. Il veut être yptre fermier et, en vérité, je ne veux point qu il le soit, et je me coutente de vous le présenter, et de vous prier de lui djre que je yous ai parlé en sa faveur.
Yoilà toutes mes affaires : voici les vôtres. DéGezvous, monseigneur, de tout le monde et particulièrement de M. le premier président qui est un ravaudeur K II est venu parler au roi sur vous, sur la conduite que vous deve; teqir eu tout, et particulièrement sur le service de feu M. l'archevêque. Comptez, monseigneur, que presque tous les hommes noient leurs pariant^ et leurs amis pour jdire un mot de plus au roi et pour lui montrer qu'ils lui sacrifient tout. Ce pays-ci est effroyable, il n'y a pas de tête qui n'y tourne. Je ne vous raconte point ce
] . Un diseur de riens , un cancanier. C'est M. de Harlay que madame deMainteuon qualilie ainsi; elle lui écrit pourtant des lettres de recommandations bien polies et presque afTectueuses,
que le premier président a dit * parce que cela ne change rien à yolre projet et qu'il convient que vous ne devez pas officier au service de feu M. Tarchevêque. Il a fort recommandé au roi de ne pas dire un mot de fout ce qu'il lui disoit. Jugez par ce soin s'il ne se doute pas lui-même qu'il n'a fait pas son devoir^.
Le roi de son côté m'a imposé un entier secret que je confie à mon évêque, parce que je le crois nécessaire^; mais souvenez-vous que ma confiance n'est que pour vous seul, et que si je pouvois croire que votre famille le sût, je serois plus circonspecte. Il y aura bien des choses que je consentirai à leur dire, et je suis rien moins que mystérieuse, mais le personnage que je veux faire avec vous doit être ignoré de tout le monde, excepté de M. de Chartres pour qui je n'ai point de secret. Rassurez-moi làdessus, je vous en conjure, et pardonnez-moi la liberté avec laquelle je vous parle.
On parla encore hier de M. l'abbé de Noailles^ et