‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 400 sur 418 · Manuscrits des Dames de Saint4)yr · texte numérisé non relu

Manuscrits des Dames de Saint4)yr

AU ROI D'ESPAGNE (470i]. 445

jesté qu'elle n'a personne plus attachée à elle que je le suis, etque je m'intéresse à ses plus petites affaires, comme aux plus grandes. Son divertissement même ne m'est pas indifférent, et j'avois pris de grands soins de bien instruire madame la duchesse d'Harcourt pour qu'elle y contribuât de tout son pouvoir.

J'espère que Votre Majesté trouvera de la joie avec la reine, qu'on dit être pleine d'esprit. Madame la princesse des Ursins est très-propre à vous aider à la former ' . Il ne faut pas que Votre Majesté l'abandonne à faire sa volonté, comme la bonté du roi a abandonné madame la duchesse de Bourgogne, qui a tant mangé et tant veillé, qu'elle en a été à la mort. Je me souviens que vous disiez un jour dans mon cabinet qu'il falloit contraindre la jeunesse. Voici le temps de mettre cette maxime en pratique. Ces deux princesses ont été très-bien élevées et fort retenues, de sorte que la nôtre s'est livrée à la liberté qu'on lui a laissée, et a abusé de son bon tempérament. Mais si sa maladie a dû être regardée comme un effet du dérèglement de la vie qu'on faisoit, elle a d'ailleurs été bien glorieuse à notre princesse, qui y a montré toute la religion qu'on pouvoit désirer. Elle voulut se confesser, et le fit dans des dispositions et avec un courage et une résignation que son âge ne prometloient pas. Sa raison et sa patience n'étoient pas moins surprenantes dans un naturel si vif. Mais il ne faut pas

1. Voir dans le t. V, à l'appendice de l*année 1701 , les lettres de la princesse des Ursins à M. de Torcy.

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