IV
parler de mort sans dire à Votre Majesté, qui Taara bien appris, d'ailleurs, que nous en venons de voir une qui a dû réjouir le ciel et qui a édifié tous ceux qui en ont été témoins ^ Je ne parle pas seulement des gens de bien, mais les plus libertins de la cour ne voyoient pas le roi d'Angleterre sans étonnement. Il a été six jours sans qu'on pût rien espérer pour sa vie. Tout le monde le voyoit ; il communia deux fois ; il parla à son fils, à ses domestiques catholiques, aux protestants, à notre roi, à la reine, et à toutes les personnes de sa connoissance ; mais tout cela avec une présence d'esprit, une paix, une joie, un zèle, une fermeté, une simplicité dont tout le monde revenoit charmé. Quand on ouvrit son corps, les médecins et les chirurgiens prenoient quelque chose pour en faire des reliques ; les gardes trempoient leurs mouchoirs dans son sang, les autres faisoient toucher leurs chapelets. Je crains d'abuser de la patience de Votre Majesté, à qui l'on a peut-être mandé toutes ces particularités. Votre piété. Sire, vous les fera goûter. Nous savons qu'elle la conserve, et qu'elle ne perd pas d'occasions d'en donner des marques^. Je n'ai point d'avis à donner à Votre Majesté. Il ne revient d'elle qu'une conduite qui passe tout ce qu'on pouvoit en attendre. Nous n'avons à lui souhaiter qu'un peu plus de secours, jusqu'à ce qu'elle puisse' tout faire par elle-même. Le roi voit avec beaucoup de peine que le duc d'Harcourt ne revient point de