‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon; publiée pour la première fois sur les autographes et les manuscrits authentiquesChapitre 64 sur 418 · Autographe de la Bibliothèque impériale · texte numérisé non relu

Autographe de la Bibliothèque impériale

A. HADAME DB HAIHTBIIOH (4696]. ffl

LETTRE CCCXCIV

FÉNELON A IfADAME DE MAINTENON •.

7 mars 1696.

Voire dernière lettre qui devroit m^affliger sensiblement, madame, me remplit de consolation ; elle me montre un fond de bonté qui est la seole chose dont j'élois en peine. Si j'étois capable d'approuver une personne qui enseigne un nouvel Évangile, j'aurois horreur de moi plus que du diable : il faudroit me déposer et me brûler, bien loin de me supporter comme vous faites. Mais je puis me tromper sur une personne que je croîs sainte, parce je crois qu'elle n'a jamais eu intention d'enseigner ni d'écrire rien de contraire à la doctrine de l'Église catholique

Je dois savoir les vrais sentiments de madame Guyon, mieux que tous ceux qui l'ont examinée pour la condamner, car elle m'a parlé avec plus de confiance qu'à eux. Je l'ai examinée en toute rigueur, et peut-être que je suis allé trop loin pour la contredire. Je n'ai jamais eu aucun goût naturel pour elle ni pour ses écrits. Je n'ai jamais rien éprouvé d'extraordinaire en elle qui ait pu me prévenir en sa faveur

Fénelon entre ici dans le détail des erreurs attribuées à madame Guyon, et les excuse toutes.

Je suis si persuadé qu'elle n'a rien cru de mauvais, que je répondrois encore de lui faire donner une

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