LETTRE CXXXIX
LE DUC DU MAINE Â UADABIB DE MAINTENON •
Nous recevons, madame, tous les jours des réprimandes de ce que Doas n'écrivons poinl, et nous le faisous règlement tous les jours. C'est la chose du monde h- plus cruelle de se luer à force de mander ce qui se passe, et ne pas avoir h consolation de savoir que l'on est uu peu content. Depuis que vous m'avez, mandé de donner mes lettres ii M. do Saint- Pouange, je l'ai toujours fait -, et pourtant j'apprends que l'on, n'en reçoit pas davantage. Il est pourlani vrai que mon écriture me fait souvent perdre te boire et le manger. Dés que je suis habillé, j'écris; dès que je descends de cheval, j'écris; enlin je ne fais autre chose, et suis outré de voir la peine que je prendsetque vous ne sauiiez vous imaginer, perdue. Il faudroit que je fusse le plus sol homme du monde, pour ne pas proliler de la permission que le roi m'a donnée. Aussi n'ai-je pas cela à me reprocher, car depuis que je suis ici, je lui ai écrit six lettres. Monseigneur peut rendre témoignage de ma régularité là-dessus. Je suis ravi que Ton le loue cl le fasse valoir, puisqu'il le mérite, mais je voudrois aussi que l'on parlât de moi qai fais tout de mon mieux, et qui, à ce que je crois, ne réussis pas mal jusqu'à présent. Je n'aurois jamais cru que la négligence