I . Manuscrits des Dames de Sahit-Cyr
A MADAME DE MAINTEHON (1690). 'Hl
de Beny. Ella avait mené une triste vie à la cour de Lirais XIV, à cause de sa santé, presque toujours mauvaise, et surtout à cause de son humeur.
V Les bonnes et les mauvaisos qualités de madame la Dauphine, mais surtout son attachement pour se feœne de chambre Bessola, lui donnèrent un goût pour la retraite, peu convenable aux premiers rangs. Le roi fit de vains efforts pour l'en retirer... Soutenu des conseils de madame de UainlenoD, il ne se rebuta pas; il crut, à force de bons traitemenls, par le tour galant et noble dont il accompagnoit sasbonlës, ramener l'esprit de madame la Danpfaioe et l'oblij^r k tenir une cour... Des fa^'Oùs d'ai^ir si aimables, et dont toute autre belle-Qlle auroit clé enchantée, Tureut inutiles pour madame la Dauphine, et elle y répondit si mal r|ue le roi, rebuté, la laissa dans la solJtudo où elle vouluil être, et toute la cour l'abandonna avec lui.
a Elle passoil: sa vie renfennéedaiis de petite cabinets derrière sou appartement, sans vue et sans air; ce qui, joint à son humour naturellement mélancolique, lui donna des vapeurs. Ces vapeurs, prises pour des maladies efTectives, lui Grent faire des remèdes violents; et enfin ces remèdes, beaucoup plus que ses maux, lui causèrent la mort. Elle mourut persuadée que sa dernière couche lui avoit donné la mort. » (Souv. de moiiamede Caylui!,[i. IliSde l'édition Renouard.)
n madame la Dauphine, se sentant à l'extrt'miié et ayant reçu tous les sacrements, a parlé en particulier au roi et ù Monseigneur; elle envoya aussi chercher madame do Maintenon, qui étoit allée à Sainl-Cyr. Ensuit* elle envoya quérir mesaeigueurs ses enfants et leur donna sa bénédiction ; elic dit à monseigneur de Berry en l'embrassant : » C'est de bon cœur, quoique tu me coûtes bien cher, n Elle passa l'aprêsdînée assez t a qu'llen e t et ne songea qu'aux choses do son salut A sept heures le redoublement commenta; on vit bien qu elle allô t exp re 1^ oi. Monseigneur cl toute la maiso royale entré e t dans sa chambre; son agonie durajusiud e[ I eu se den e > {Journul de Bangeau, I. ill, p. lUO)
228 CORIIESPONDANCE GÉNÉRALE.
a On lui a trouvé, dit le Mercure d'avril 1690, les poumons ulcérés, le bas-ventre gangrené, et plusieurs abcès dans le mésentère. »
L'ABBÉ DES MARAIS A MADAME DE MAINTENON «
Ce22 aTrill690.
Dieu fasse la grâce aux courtisans, madame, de profiter du spectacle instructif qu'ils ont eu à la mort de madame la Dauphine.
Pour tirer quelque fruit d'une si grande leçon, il faut y penser sérieusement, et rappeler le souvenir des horreurs et des douleurs de la mort lorsqu'il s'efface de l'esprit : cela est impossible à ceux qui * aiment la vie avec passion et qui n'espèrent rien dans l'éternité. Heureux ceux qui soupirent après la céleste Jérusalem, qui sont appelés au souper de l'agneau , qui entreront dans cet admirable tabernacle de l'Apocalypse où Dieu demeure avec les hommes !
Ils seront son peuple, et il sera à jamais leur Dieu. Là il essuiera toutes les larmes de leurs yeux; la mort ne sera plus ; les pleurs, les cris, les travaux cesseront, parce que ce qui a été sera passé. Ces paroles sont très-certaines et très-véritables : toute affliction est courte et légère en comparaison d'un si grand bien. Je pourrai faire votre revue pendant le temps de la retraite, et vous en profiterez selon votre loisir. Il faut que vous montiez au ciel en esprit, où Jésus-Christ est à la droite de Dieu; il