‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 220 sur 359 · Ce mot est ainsi éerii dans rautograpl^e · texte numérisé non relu

Ce mot est ainsi éerii dans rautograpl^e

A MADAKE DB HAINIEIIOII (1690). 243

d'être brigadier, et ne puis assez m'élonner que la nécessité que l'on se fait de remplir la feoille fasM faire des mensonges aussi impudents.

M. de Court vient de me montrer la lettre qu'il a reçue de vous, h ne suis pas trop surpris que 3 se soit lassé et rebuté des regards du parent de 22 '. Je ne leur ai jamais trouvé bien des charmes. Vous me faites tort de croire que tos avis m'importunent; je les reçois et recevrai toujours comme je le dois, c'est-à-dire avec bien du plaisir,

LETTRE CCXXI

Comme je sais que vous n'êtes pas fâchée de recevoir de mes lettres cl qu'elles ne vous importunent point, car vous savez que je suis fort circonspect là-dessus, je vous écris celle-ci, bien fAché de n'avoir rien de considérable à vous mander. Mais j'espère que le temps viendra, car il est impossible que les ennemis ne prennent bientôt quelque parti, bon ou mauvais. Tout ce que je vous supplie est de croire que je ne ferai rien que le plus à propos que je pourrai, et après y avoir bien pensé ef avoir pris le conseil de M. le maréchal de Lorges. Je crois que

' 1 . Le duo du Utdne et madame de Malnlenan élatenl conveni» de quelques chiffres poar leur correspondance.

!. Maiiuicriis des Dames de Saim-Cyr.

VOUS me connoissez assez pour n'en pas douter, et de la sincère amitié que j'ai pour vous.

LETTRE CCXXII

LE DUC DU MAINE A MADAME DE MAINTENONS

Au camp de Quiévraio, ce 26 juillet 1690.

Je croyois, madame, que l'on pouvoit ne pas entendre raillerie sur la religion; mais voilà qui est fait, je l'entendrai sur tout. Je crois que cet ami sincère dans ma maison est M. de Court; je ne crois pas qu'il se plaigne de la manière dont j'en use avec lui, ni de la liberté qu'il a de me dire tout ce qu'il pense. L'épreuve de pardonner à ses ennemis a toujours passé jusqu'à présent pour la plus grande des bonnes consciences; il y paroît au peu de gens qui le font. Je serai ravi d'avoir des gens qui me disent mes vérités; comme je serofs bien aise d'être parfait, je saurai toute ma vie bon gré à ceux qui y contribueront. Mais je vous prie, une fois pour toutes, de ne me point croire en humeur noire toutes les fois que je vous écris, car je ne m'attriste pas des réprimandes que je mérite, et je trouve que c'est bien assez. Continuez-moi, madame, s'il vous plaît, l'honneur de votre estime et de votre amitié.

Page 1