‹ Correspondance générale de Madame de Maintenon: publiée pour la première fois sur lesChapitre 237 sur 359 · LE MARQUIS DE LÀSSÀY A MADAME DE MAINTENONS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE LÀSSÀY A MADAME DE MAINTENONS

Mars 1691.

Je m'adresse à yoiiSy madame, avec une eonfiaiice dont je suis étonné moi-même , car je n'ai rien fait

1. Madame de Montespaa, un mois après, trouva « qu'on s'étoit un peu hâté de faire démeubler son appartement. » Voici comment Saint-Simon transforme cet incident : it dit que a madame de Maintenon n^eut de satisfaction que quand elle eut fa!( chasser de la cour cette odieuse rivale, dont la préseeee l'inquiétait et Timportunait toujours, que le duc du Maine s'y employa lui-même fort durement^ et signifia à la ûn^ sans aucun ménageiaent, Tordre à sa mère de «e retirer , si empressé d'occuper son appartemeoi que le roi lui avait donné qu'il en lit jeter les meubles par les fenêtres. >

2 . Recueil de différentes choses , par le marquis de Lassay ; Lausanne, 1756, t. I, p. 337.

Armand de Madaillan de Montataire, marquis de Lassay, gouverneur de Bresse, Bngey, etc., est un des personnages les ptus connus du dix-septième siècle par ses aventures, ses mariages, son esprit et sa valeur. 11 était néenlG54. Son père était ce Madaiilaa dont il est question dans la vie de Scarron(Voir 1. 1, p. 59). Madame

A MADAME DE UAINTBNON (1691). 211)

pour nériler vos bontés; cependant je ne âonle point que vous n'en ayez pour moi. Le roi va commander son armée ; je souliaiterois ardemment d'avoir l'honneur d'êlre son aide de camp. Je l'ai suivi dans toutes ses conquêtes depuis 72 ; j'ai fait la guerre en bien des lieux; tout cela m'a donné quelques ccmnoissances qui, jointes à beaucoup de bonne volonté, me font espérer qu'il sera content de moi ; je serois trop heureux de me trouver en placR où je. pusse lui marquer mon zùle, el effacer par ma conduite les impressions que je crains qu'il n'ait et qui sont loul le malheur de ma vie : si elles (■ toient une fois effacées, je répondrois bien de l'avenir, Une passion plus forle que moi que j'avois pour une femme qui la mériloit bien m'a fait quitter son service; j'étois fort jeune, il ne faut pas compter silôt sur les hommes. En quittant le service, je n'ai pas quitté la guerre, car depuis, je n'ai pas manqué une seule campagne ; et si je me repens aussi bien de mes péchés que de cette faute, j'espère que Dieu me les pardonnera, .l'attends tout de l'honneur de votre

do M«lntenon l'»v«lt »ii naUre s el lonqu'clle ftit en hTear, elle IqI UniolgM beaucoap d'affeclion, elle l'aida de smi tridll. Il commença il serrlr canime aide de camp de Condj en 167S, recul Irole bleesuree ï SéneF, el quitta le service en 16T6, pour épouser la belle Marianne Pajot, qui raillit devenir ducheiae de Lorratne. 11 était àé'fi veuf d'une premij^re femme qui lui uvall laiaeé une allé. Il perdit ea deuxième femme en 187 8, eut de nomlireuges aventures galanieg, «ulill iti princes de ConU en Hongrie, el reprit du eerrlee eomme volonlafro en inas. Il Ût les campagnei de 90, 01. 93, grAce à la prolecliOD de madame de Hainlenon, comme aide de camp du rot. Noui verrons qu'il fit un IroiBième mariage, auquel celle-ci prit une grande part.

protection : vous ne sauriez l'accorder à personne qui ait pour vous, madame, un plus profond respect et un plus parfait attachement.

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