LETTRE CCLXIV
À Fontainebleaa, 22 octobre 1691.
Il faut vous répondre d'ici, madame, où j'ai moins d'affaires qu'à Versailles, parce que je n'ai pas Saint- Gyr. Il est vrai que je me suis informée de vos nouvelles, et j'ai appris avec plaisir que vous vous portiez mieux que jamais. Je ne sais pourquoi madame de Gantiers^ est contente de moi, je n'ai fait que la gronder de la manière dont elle vit avec son mari et du mépris qu'elle a de son établissement; cette pauvre femme-là se prépare bien des malheurs; son goût pour le monde est toujours aussi vif, et les voyages qu'elle fait de temps en temps à la cour l'empoisonnent tout de nouveau.
Je ne me souviens plus, madame, de ce que vous m'avez mandé sur madame de Maubuisson par rapport aux demoiselles de Saint-Gyr; il est vrai qu'on m'en demande par toutes les maisons, et surtout dans celles où il y en a déjà ; mais je suis charmée du désintéressement des couvents, ils les prennent pour très-peu de chose ^ Si madame votre abbesse étoit immortelle, je vous presserois pour me procurer d'avoir une de mes filles auprès d'elles; si vous jugez qu'elles y soient propres, mandez-moi dans un petit