LETTRE LXXII
A M. L'ABBÉ GOBELÎN K
Le vendredi 27 juillet 1686.
II est vrai que j'ai pea de loisir et que je ne passe guère de jour sans aller à Saint-Gyr, du moins une fois; j'espère, s'il plaît à Dieu, commencer la transmigration lundi prochain et je vous crois averti pour bénir l'édifice le samedi ensuite; après cela, nous aurons un peu plus de tranquillité et je vous verrai le plus souvent qu'il me sera possible pour profiter de votre conduite et de vos instructions; mais en attendant que je reçoive les vôtres, permettez-moi devons en donner, et croyez qu'elles ne seront pas moins sincères que celles que j'attends de vous.
Je vous conjure donc de vous défaire du style que vous avez avec moi, qui ne m'est point agréable, et qui peut m'étre nuisible ; je ne suis point plus grande dame que j'étois à la rue des Tournellesoù vous me disiez fort bien mes vérités, et si la faveur où je suis met tout le monde à mes pieds, elle ne doit pas faire cet effet-là sur un homme chargé de ma conscience, et à qui je demande instamment de me conduire sans aucun égard dans le chemin qu'il croit le plus sùrpQur mon salut. Où trouverai-jc la vérité, si je ne la trouve en vous? Et à qui puis-je être soumise qu'à vous, ne
1 . Manuscrits des Dames de Sahit-Cyr, — Celte lettre est célèbre et trèa-juB^^i"^!^' • ^'^^^ ^^ chef-d'œuvre de bon sens, de piété et d'éloqaence.