Manuscrits des Dames de Saint-^yr
4. Séminaire de Paris où Ton élevait trente-trois pauvres étudiants.
ô. C'est pendant ce séjour à Marly que madame de Montespan tint un propos qui a été conservé par Dangeau.: « Elle dit au roi qu'elle avoit une grâce à lui demander, qui étoit de lui laisser le soin d'entretenir les gens du second carrosse et de divertir l'anticliambre. » Saint-Simon, dans ses annotations au Journal de Dangeauj ajoute : « Madame de Montespan, qui ne s'appuyoit plus que sur ses enfants et sur un reste de foiblessc du roi pour elle, tàchoit de le rappeler par ces sortes de propos qu'elle avait fort k a main. »
LETTRE LXXYII (La B.)
NOTE PRÉLIMINAIRE
Cette lettre ne se trouve que dans la collection de La Beaumelle (édit. de Nancy, 1. 1, p. 234). Louis Racine l'annote : m'est inconnue. Elle est composée avec les Mémoires des Dames de Saini-Cyr et remplie d'erreurs. — « Nos demoiselles ont commencé leurs exercices... » A la date du 24 octobre, il y avait déjà près de trois mois que les demoiselles avaient commencé leurs exercices, — « Je les ai vues toute la semaine... » Le 24 octobre, madame de MalQten(Hi était avec toute la cour à Fontainebleau, et par conséquent n'allait pas à Saint-Cyr.— « On m*a offert le titre d'institutrice.. . » Nous avons vu que le roi lui avait donné le titre et les honneurs de fondatrice dès le mois de juin. — Quant à madame de Saint-Géran, qui se plaint de madame d'Aubigné à son mari, c'est une invention absurde de La Beaumelle.
i4 octobre 1686.
Nos demoiselles ont commencé leurs exercices; je les ai vues toute la semaine à leurs heures de travail, à leurs heures de récréation, dans leurs actes de piété; et tout cela est réglé avec beaucoup d'ordre et de simplicité. Si cela se soutient, il ne se commettra pas dans cette maison deux péchés mortels par année. Les dames sont fort raisonnables, et les enfants fort dociles. On m'a offert le titre d'institutrice, je le refuse; mais on me représente qu'il ne signifie autre chose, sinon que j'ai conduit les commencements de cette communauté, ce qui est très-vrai ; et madame de Brinon me persuadera tout ce qu'elle voudra, pourvu qu'elle ne
46 CORRESPONDANCE OÊNÉRALB.
veuille rien que d'utile à la maison. Je n'ai pas besoin de louanges pour faire du bien à cette fondation, vous savez que c'est ma grande passion; et j'y suis si fort attachée que je crains quelquefois de l'être moins à Dieu pour qui je le fais^. J'ai enfin obtenu promesse de n'être pas nommée dans la médaille ; le roi a dit que cet événement étoit trop remarquable, pour que MM. Racine et Boileau en omissent le détail dans l'histoire de son règne ^. Mon frère m'a dit que vous vous plaigniez de se femme; je suis surprise que vous ne m'ayez pas confié le sujet de vos plaintes; vous 8«vee bien que je ne mis pas fort prévenue pour ma belle-sœur; le temps et Dieu la corrigeront.
AP^myiCE A LA I.KTTBE LXXTII.
A la fin du voyage de Fontainebleau (14 novembre), la duchesse de Bourbon, qui était récemment mariée, tomba malade de la petite vérole, et en deux jours fut si mal qu'on la fit confesser et commuaier. ti Madame de Montespan, qui avait toujours été auprès d'elle, dit Dangeau, est montée en carrosse pour Paris, la croyant morte; mais elle a eu une crise considérable, et le soir on l'a crue hors de danger. » M. le Prince, quoique malade, arriva de Chantilly, s'installa auprès de la duchesse et ne la quitta plus. « Le roi, dit Dangeau, vouloit entrer dans sa chambre, mais M. le Prince, qui ne peut se remuer, eut la force de venir au-«devant de lui dans la chambre et parla si fortement et si tendrement au roi pour l'empéoher d'avancer, que S. M. se rendit à ses raisons. » Le 14, madame de Montespan revint auprès de aa fille ; tous les princes du sang avaient quitté, par ordre du roi, Fontainebleau; lui-môme partit le 15 avec madame de