LETTRE LXXIX
li décembre 168&.
Le roi a souffert aujourd'hui sept heures durant, comme s'il avoit été sur la roue, et je crains bien que ses douleurs ne recommencent demain. Ainsi, je vous conjure de remettre à huitaine ce que nous devions faire demain.
Le mal du roi est, à ce qu'on dit, en bon état. M. le Prince lui a écrit une lettre en mourant, qui vous feroit bien pleurer. Voici un temps bien triste, mon cœur est déchiré^.
Je vous répondrai à loisir sur les repas des étrangers; mais vos proches doivent être bien traités chez mademoiselle Manceau^. Elle a ordre d'écrire tous les extraordinaires. Adieu. Je ne puis pour ce soir vous en dire davantage. J'espère vous voir avant la huitaine; mais j'ai cru qu'il falloit remettre à un jour de communion.