Manutcriit de mademohelle d*Aumale
douler que ce ne soit Dieu qui nous unisse. J'ai fort envie de le servir, et vous y pouvez contribuer pourvu que vous me disiez mes défauts et que vous ne me louiez plus.
Je vous prier de me défaire des lettres de madame de Marpont; elle veut que j'oblige cet homme à Tépouser, que le roi lui ordonne, et que je la prenne en ma protection. Songez que je ne la connois point, et qu'il seroit ridicule que j'entrasse dans une pareille affaire. Elle me demande un ordre pour ramener sa fille à Noisy ; vous savez pourquoi elle en est sortie, et que je ne puis entendre nulle proposition là-dessus qu'elle ne soit eniièrement guérie.
Il me semble qu'une fille plus âgée seroit plus propre aux vertes que d'Auzy *, qu'il y a bien peu de temps qui en est sortie. Je voudrois bien îjuc vous chargeassiez une de vos novices du soin de garder tous les extraits baptistaires, et de presser toutes les demoiselles de les faire venir. Il faut lui donner un registre, qu'elle les copie dessus et par Tordre des classes, et qu'elle serre les originaux dans "une liasse. On lui donnera une cassette pour serrer tout, et vous serez soulagée de cet endroit-là. Il faut peu à peu les dresser à toutes les charges.
Je compte que nous ferons d'abord douze professes, et qu'ensuite vous les distribuerez à toutes les charges, et qu'elles auront des suppléantes que nous
I. Cetfe demoiselle était au noviciat. Elle fit profession des vœux simples, mais quelques années après elle refusa de faire profession des vœux solennels, sortit de Saint-Cyr et se maria à un magistrat du Daupliiné.
prendrons dans nos dévotes ou dans les grandes demoiselles : car il faut que Saint-Cyr soit d'abord gouverné par des filles assurées et affectionnées dans la maison. N'auriez-vous pas besoin que M. Gobelin fit un petit voyage de huit jours à Noisy devant le carême, qu'il prêchera et qu'il n'y pourra aller?
Je verrai Ni vers ^ comme vous l'ordonnez. Chanteloup^ est assez étonnée de tout ce qu'elle voit; elle va ce soir à confesse.
Voici les charges : une supérieure, une maîtresse des novices, une dépositaire, une dépensière, une tourière, une sacristine, une apothicairesse, une lingère, une garde-meubles et habits, une à la grande classe, une à la seconde classe, une à la troisième classe.
Il faudroit en même temps faire six converses, et en mettre à la cuisine, à la lessive, à la boulangerie, à l'infirmerie.
Après cela, on auroit partout en chef des filles affectionnées à la maison, que l'on feroit aider par des soeurs converses à l'épreuve ou par. des servantes. Mais mettez-vous bien dans l'esprit que tout ce qui sera à Saint-Cyr soit gouverné par des filles assurées à la maison, car autrement tout seroit ruiné avant que d'être achevé d'établir. Je n'en ai point mis à l'infirmerie, parce que c'est le lieu où nous pouvons le mieux nous en passer, et d'Auvergne * auroit soin du linge et des meubles. J'en ai mis à l'apothicaire-