LETTRE XCIV
A M. L'ABBÉ GOBELIN <
Marly, ce 4 fénier 1687.
Comme Saint-Cyr est ce qui m'occupe le plus, j'ai un peu de loisir ici, et j'en profite pour vous demander de vos nouvelles et pour vous dire des miennes. On m'a dit que vous étiez accablé d'affaires, j'en suis bien fâché, car c'est un grand mal à mon gré. Je ne compte point que vous reveniez à Saint-Cyr que pour la quinzaine de Pâques ; encore ne sais-je si les sermons ne vous feront pas remettre après les fêtes; mais je voudrois bien n'être pas tout ce temps-là sans vous voir ; il me semble que vous pourriez bien me venir voir quelquefois ce carême.
Je me porte fort bien, grâce à Dieu, je suis fort aise de le servir, et je voudrois bien réparer le temps par un emploi de celui qui me reste ; mais ma foiblesse, jointe aux occasions continuelles où je me trouve, me font passer une vie bien inutile, et peut-être pis qu'inutile. Priez Dieu pour moi, je vous en supplie, et me croyez autant à vous que j'y suis.