Manuscrits de mademoiselle d'Àumale
78 CORBBSPONDANCB GÉNÉHALE.
votre avis. Elle est sœur d'une demoiselle de la princesse d'Harcourt, qui vous la mènera au parloir. Je vous prie de la voir.
Vous pouvez voir par la manière dont je vous parle, que je suis bien persuadée que vous vous tournerez à souhait pour moi, et la vertu que vous avez montrée sur tout ce qui s'est passé depuis deux mois m'a convaincue que nous allons gouverner avec une parfaite intelligence*. Manceau m'a dit, et il ne faut pas l'en gronder, que madame de Saint-Pars lui avoit envoyé hier au soir trois personnes à héberger, qui est un organiste, sa femme et un autre. N'accoutumez pas des gens qui ont leurs marchés faits à se loger chez vous : votre maison seroit un cabaret. Vous n'avez point de logement, et il faut rendre ces traitements-là fort rares. On aura mille incommodités du voisinage de Versailles : il faut en avoir le bien, et que l'on y revienne coucher ou en tel lieu qu'il leur plaira.
Je viens de recevoir votre lettre avec celle de mademoiselle de Brinon. Ne croyez pas que le refus que l'on vous a fait ait été un effet de mou chagrin ; mais on ^ ne le croit pas raisonnable, et on ne peut croire une personne convertie, qui ne peut entrer pensionnaire dans un couvent. Je ne suis point maîtresse là-dessus ; je vous dis la vérité.
1. L'intelligence ne se rétablit pas, comme on le verra plua loin.