Souvenirs... Récamier, t. II, p
plus expédient de vendre tout F attirail de cuisine à mon successeur. Quant au beau meuble, si mon successeur n'en veut pas, je crois que j'en trouverai toujours le prix à Londres. Je vous prie aussi de m'envoyer ma petite voiture. Vous garderez la voiture de cour jusqu'à nouvel ordre. Me voilà, Monsieur, sur un théâtre bien orageux. J'en descendrai peut-être comme tant d'autres, mais enfin je ferai ce que je pourrai pour ne pas tomber sans honneur. Je n'oublierai pas vos intérêts.
Chateaubriand.
Ci-joint une lettre particulière pour M. Canning. Je vous envoie aussi ma première dépêche. Dites à MM. Billing et Desmousseaux que je ne les oublie pas.
M. de Chateaubriand ^ accablé d'affaires me charge d'achever son billet.
Le roi donne à S. E. le service de porcelaine qui a été envoyé à Londres ; ainsi M. de Chateaubriand vous prie de le faire emballer avec soin et de le lui expédier le plus promptement possible. Il désire aussi les grandes livrées et les chapeaux, ainsi que des habits, du linge, enfin quelques bardes ou... ^
^^7 [29 décembre 1822]
A la duchesse de Duras.
Dimanche.
J'irai vous voir en sortant du Château. Je n'oublierai point Henri, et je ne vous donnerai point de tourment. ^
1. Toute la suite de ce post-scriptum a été rédigée et écrite par un secrétaire.
2. Inachevé. D'après Toriginal. — Communication de M. de Montbron.
3. Pailhès La duchesse de Duras, p. 234. — Collationné sur Foriginal. — Archives de Chastellux.
29 décembre 1822.
A la duchesse de Duras.
S 88 Dimanche, 29 décembre 1822.
Oui, oui. Je prends Henry ! Je suis tout remonté ce matin. J'ai écrit toute la nuit à l'empereur de Russie, à Metternich, etc. Je ne sais quand je pourrai vous voir aujourd'hui. ^
[Lundi, 30 décembre 1822.]
889 A la duchesse de Duras.
1 heure et demie.
C'est fait. Le Roi charmé et me demandant pour échange de bon procédé, la lecture de YAbencérage^ en disant : « UAbencéra(/e, ce sont aussi les Affaires étrangères. » Je vais faire rédiger rOrdonnance, et je la présenterai à la signature demain. Je tâcherai de vous voir aujourd'hui, quoique j'en désespère. "^
890 30 décembre 1822.
A M. Gentz.
Paris, 30 décembre 1822.
Me voilà ministre, monsieur. M. le prince de Metternich vous communiquera peut-être la lettre où j'ai l'honneur de lui mander
1. Pailhès La duchesse de Duras, p. 234. — Collationné sur l'original autographe. — Archives de Chastellux.
2. Pailhès La duchesse de Duras,. p. 234-3. — Collationné sur l'original autographe. — Archives de Chastellux.
tout le détail. Maintenant ne m'abandonnez pas : je suis sur la brèche. Les obstacles sont grands au dedans comme au dehors. J'ai à lutter contre les choses et contre les hommes ; appuyezmoi donc. Que je sois appuyé par les sentiments de bienveillance des cabinets de l'Europe, et j'en serai plus fort. Vous savez ^ monsieur, que je vous ai reproché à vous autres, puissances étrangères, une trop longue injustice envers les royalistes. Tantôt vous nous avez pris pour de vieux barons du treizième siècle, tantôt pour des novateurs du dix-neuvième ; cela nous a fait du mal. Laissez-moi donc être royaliste constitutionnel ; ne vous effrayez ni de ma marche, ni de mon langage. Je connais la France, et je sais la seule route à prendre pour arriver à un ordre de choses qui fera le bonheur de mon pays et le repos de TEurope. Vous m'avez, monsieur, promis votre amitié ; je la réclame, et les témoignages m'en seront surtout bien précieux dans ce moment. Vous connaissez tous les sentiments d'estime et de considération que je vous ai voués.
GHATEAUBRIA^'D. ^ 1. Congrès de Vérone, LVII.